04-01-08
I/1 : Embarquement pour Cythère

- Boarf, puisque le mal est fait !

- KOUWÂ ?!! Mais… mais qu’est che que ch’est ches manières ?
FILAIN CHORRO ! Ch’fais te mettre à la fourrière, tu fas foir !

- Chi ch’est pas malheureux ! Un canapé tout neuf !
Chais pas chi l’achuranche fa marcher. Font commencher à troufer cha bicharre,
toutes ches catachtrophes pas naturelles.

- BON ! J’oublie rien-j’oublie quoi ?
Ah-oui !

- Faire garder mes bêtes…
Tututu-tu-tu-tutut !

- Allo Karelle ?
Tu peux venir me voir tout-de-suite, tout-de suite ?
[…]
Nan, ça peut pas attendre nan ! Quand je dis tout de suite, c’est pas demain !

- Aaah-mais, c’est qu’elle chercherait bien des excuses pour pas venir, la veille toupie !
Heureusement, elle peut pas se le permettre. J’ai un moyen de pression en béton.

- T’as déménagé ? T’habites plus au coin de la rue ?
- Si-si, pourquoi ?
- Parce que j’ai failli attendre ! T’as pris ton temps ?

- Excuse-moi Angèle, c’est pas ma faute, j’ai dû me décommander.
C’était prévu que je devais garder des mioches ce matin.

- Comment tu peux garder des mioches à ton âge? Ca ça me dépasse !
- Faut bien gagner sa vie, ma pauvre. T’inquiète, je me ménage : Je les gave et je les remets au lit… enfin, quand chuis bien lunée, le plus souvent je les pose parterre. Après, je lis mon journal, je regarde la télé, je pille le frigo, je ratisse le flouze… c’est la belle vie !
Alors ? Tu voulais me voir pour quoi ?

- Ah, figure-toi que je pars en voyage !
- Tu vas où ?
- Chais pas trop, les îles Tikitikiwi peut-être.
S’agirait d'être partie assez longtemps, tu vois.

- Les îles Tikiki ? Rho la veine ! Et moi, qu’est ce que je viens faire lànedans ?
Aaah, tu veux que je t’accompagne ? Tu me l’aurais dit, j’aurais amené ma valise.
- Ha-nan-nan ! Je pars toute seule !

- Le problème, c’est que j’ai des bêtes, comme tu sais.
- Ben-oui ! Alors, tu peux pas y aller, pas de chance !
- Oh-mais si, faut juste qu’on me les garde.

- Alors là, ma petite Angèle… le jour où je garderai des bêtes…
Je préfère encore les mioches, c’est tout dire !
- Mais t’as pas le choix ! Dois-je te rappeler combien t’as perdu au poker ?
T’as une dette d’honneur envers moi. Si tu me les gardes, j’efface l’ardoise.

- Rho, là t’es vraiment dure Angèle !
- Quand on sait pas bluffer au poker on joue à la bataille !
Allez, j’y vais, je voudrais pas rater la navette pour l’aéroport.
Je te ramènerai un petit souvenir… si j’y pense.

- Alors mémé ? On grimpe ou on sucre les fraises avec sa copine ?
- Nan- mais !! C’est à moi que vous parlez ?
- Angèle Alèze réservation pour le vol 666 à destination des îles Tikikkwii, c’est bien vous ?
Alors, c’est bien à vous que je cause. Grimpez dans la voiture et que ça saute !
Je suis pas en retraite moi ! J’ai pas tout mon temps.

- Vous pourriez respecter mes rhumatismes au moins !
Je le signalerai à votre direction, pouvez n’être sûre !
- Signalez-le au pape ! Je suis à mon compte et c’est pas les clients qui manquent.
En décembre, veulent tous aller se faire dorer la couenne au soleil.
Est ce que j’y vais, moi, au soleil ?!

- Si mon Gérard était là, elle me parlerait pas comme ça !
J’aurais bien dû lui demander de m’accompagner.
Mais… je pouvais pas ! Je leur ai dit que ch’partais avec mon club.
Eeeenfin ! Je lui enverrai des cartes postales, qu’il en profite un peu aussi.

- Bonjour m’amour. Déjà au travail de bon matin ? Il est même pas sept heures.
- Oui, pas le temps de me prélasser au lit, les enfants ça n’attend pas.
Bonjour quand même, Gérard !

- L’est déjà debout la petite puce à son papa ? Peut pas laisser dormir maman ?
C’est pas gentil ça. Heu… elle a pris son biberon ?
- Nan, pas encore. Je préfère les changer avant.

- Je te proposerais bien de lui donner, mais j’ai peur de salir ma blouse.
- Ah-mais, ça c’est pas grave Gérard ! T’auras le temps de la nettoyer.

- Tiens, prends-là. Je risquerais de salir ma robe.
- Toujours fâchée, à ce que je vois.
- Meuh-nan, qu’est ce qui te fait dire ça ?

- Heu… tu les as mis où les biberons, Edith ?
- Dans le frigo !
- Oui-mais où dans le frigo ?

- Si tu cherchais un tant soit peu, tu finirais par les trouver, je te fais confiance !
C’est pas compliqué ils doivent être… attends… ils doivent être devant ton nez !

- Ah-oui ! Je crois bien que je l’ai trouvé !
- Un biberon vert avec une tétine blanche ? Cherche plus, Gérard : tu l’AS trouvé !
14-01-08
I/2 : Le torchon brûle

- Je me demande vraiment comment tu fais pour les reconnaître, Edith.
Je sais jamais laquelle est laquelle. A qui je donne le biberon, là ?
Eva ? Emma ?

- Tu fais vraiment aucun effort ! C’est pourtant pas difficile !
Eva a les traits plus fins et des petits yeux en amande.
Emma te ressemble Gérard : Elle a le teint mat et de grands yeux.
- Des petits yeux et un grand four ? Alors, ça doit être Eva.

- Pfff un grand four ! Est ce que je t’ai parlé d’une grande bouche ?
Faudrait quand même voir à pas raconter n’importe quoi, Gérard !

- Un grand four ! Et puis quoi encore ?
… s’est pas regardé !

- Tu disais ?
- Je disais : Si les petites te dérangent c’est pas difficile Gérard :
On divorce et je garde mes filles !

- On divorce ?! Enfin, Edith ! Tu parles pas sérieusement là ?
- Je suis tout ce qu’il y a de plus sérieuse, au contraire Gérard !

- M’enfin Edith ! Qu’est ce qui se passe ?
Qu’est ce que j’ai dit de si terrible ? On divorce pas pour ça !
A moins… a moins qu’il y ait une autre raison, explique-moi !

- Tu veux vraiment savoir Gérard ?! J’en ai ASSEZ !!
Assez de passer mon temps à nettoyer, faire la cuisine, repasser ta blouse et tes chemises, faire les lits, remonter le moral des enfants à cause de tes principes de vieux ! Plus le temps passe, Gérard, plus j’ai l’impression d’avoir épousé ta mère !

- Laisse ma mère en dehors de ça ! Elle est pour rien dans ce…
cet accès de folie furieuse ! Voilà, je cherchais le mot.
Mais regarde-toi ! T’es devenue complètement folle, ma pauvre Edith !

- Bla-bla-bla-bla ! Cause toujours, je t’entends même plus !
- Folle ! C’est bien ce que disais.

- BON ! C’est fini, le cinéma ? Si tu me disais ce que tu me reproches ?
- Je sais pas... Tout et rien.

- Rien ! Je te le fais pas dire !
Alors maintenant, tu vas te calmer et te comporter comme une grande fille.
Tu crois que je peux te faire confiance ?
- Oui, Gérard ! Chais pas ce qui m’a pris.

- Bien ! Si on allait déjeuner ? T’as quelque chose de prêt ?
- Il doit me rester des hamburgers.

- Le problème avec toi Edith, c’est que tu manques de maturité.
A toujours rester à la maison… Je te le reproche pas, note bien.

- Mais Gérard, c’est toi qui as voulu que j’arrête mon travail à la naissance de Claude, tu te souviens pas ?
Tu me disais qu’avec ce que je gagnais comme vendeuse, si fallait payer une nourrice, ça valait pas le coup.

- On était d’accord, je dis pas le contraire. Et après Claude, y a eu Angèle.
Mais si t’avais voulu, rien t’empêchait de reprendre le travail par la suite.
Faut croire que ça t’arrangeait bien.

- Quoi ? Qu’est ce qui se passe ?
Maman ??

- C’est rien Claude ! Juste que… ton père me reproche de ne pas travailler.

- Et voilà ! Tu déformes tout encore une fois !
Je t’ai jamais reproché de pas travailler, Edith. Je dis simplement –et je répète-
que de s’occuper des enfants et de la maison, c’est pas ce qu’il y a de plus épanouissant.
La preuve : t’en es encore à faire des caprices comme les gosses.

- Excuse-moi Gérard, je saisis pas bien.
Tu dis que c’est parce que je reste à la maison que je manque de maturité.
A côté de ça, tu dis que tu me reproches pas de le faire.
Tu te contredis, enfin… je trouve.

- C’est tout toi, ça Edith !
J’essaye de t’aider à comprendre tes contradictions et ça se retourne contre moi.
- Y a un blème ? C’est quoi le blème ?

- Nan, y a rien ! Rien qui te regarde !
Dépêchez-vous de manger et allez vous amuser dans votre chambre.

- Meu-heu-heu !! Si s’passe quek’chose, on a bien le droit de savoir !
- T’as surtout le droit de faire ce que je te dis !

- Hé Claude, c’était quoi le problème ?
- Je te raconterai, t’inquiète !
16-01-08
I/3 : Les vacances de mémé

- Pourquoi on s’arrête ? Y a quelque chose à voir ?
- Z’avez bien demandé l’hôtel de la plage ?
Ben on y est ! Vous êtes arrivée !

- Ah-ben, c’est pas déjà ! J’étais toute ratatinée.
Ratatinée dans l’avion, ratatinée dans la navette…
Chais pas si je vais pouvoir me déplier.

- Pas déjà, qu’elle dit la vieille ! Alors qu’est ce que je devrais dire ?
L’a pas arrêté de me saouler avec son petit Gérard : « C’est mon petit Gérard qu’aurait été heureux de faire des châteaux de sable sur la plage et de mettre ses pieds dans l’eau. C’est mon petit Gérard qui m’aurait ramassé des beaux coquillages dans son petit seau. Je le vois presque jamais, vous savez… »
Qu’est ce que j’en ai à foutre du petit Gérard !
Devait pourtant bien le savoir qu’on peut pas emmener les bambins en vacances.
Dès que ça voit plus ses petits enfants pendant trois jours, c’est perdu !

- Chais pas si je vais bien me plaire ici. Je voyais pas ça comme ça, les îles.

- Pourtant… c’est pas faute d’y avoir mis le prix !
Toujours moins qu’il leur restera à se sucrer sur l’héritage.

* Ha-naaaaan pitié ! Encore une vieille !
Je suis pas là ! *

- Y a quelqu’un ? Hou-hou ! Y a quelqu’un ?
* Je suis pas là ! Je suis pas là !
Y a pas plus pénible que les vieilles.
Les chambres sont trop petites, trop chères, trop loin de la plage, trop bruyantes.
Les lits sont trop durs ou trop mous, le service d’étage… n’en parlons pas.
Les toilettes sont pas confortables, les douches sont froides… jamais contentes !*

- C’est quand même un monde ça ! On rentre lànedans comme dans un moulin !
Y a personne pour vous recevoir. Ooooh je les sens mal, ces vacances !

- Comment qui disaient su’ le prospectus ? Ah-oui : « Les pieds dans l’eau ».
L’est où la plage ? J’espère que y a pas trop à marcher.
C’est dur d’avancer dans le sable. C’est que j’ai plus 20 ans, moi !

- Mmmoui… les pieds dans l’eau, faut le dire vite !
C’est core pas tout près, tout ça !

- Aaah, c’est quand même beau la mer !

- C’est reposant !…. C’est d’un calme !

- Oui-ben… c’est presque trop calme !
Tout juste si on s'ennuierait pas.
J’espère au moins que j’aurai beau temps, que je puisse bronzer.

- Est ce que j’ai seulement pensé à emporter mon maillot de bain ?
Tout ça s’est décidé si vite.

- En tous cas… j’ai pas oublié le seau de mon petit Gérard.
Ca risquait pas ! C’est la première chose que j’ai mise dans la valise.
Je le revois faire ses petits pâtés dans le jardin… c’est loin tout ça !
Moi j’adooore faire des châteaux de sable. Ca salit moins que la terre !

- Ah ! Quelqu’un à qui parler !
Commençais à me demander si j’étais la seule cliente dans c’t’hôtel !
Qu’est ce qu’elle fait ? Un château de sable ?
Peut pas être si beau que le mien.

- Ha-nan-nan ! Vous z’y prenez mal ! C’est pas comme ça !
Tenez, regardez ! Faut rajouter du sable là, il ressemble à rien votre château !

- Bon la vieille, tu me gonfles ! T’as qu’à le finir toi-même si t’plaît pas !
- Meuh… meuh… Hé, partez pas ! Revenez !

- Nan mais !! Voyez-vous cette péronnelle ?
« T’as qu’à le finir toi-même, la vieille ! »
On se demande où ça a été éduqué ! Y a pu de respect, moi je vous le dis !

- Attends un peu ! Tu vas voir ce que j’vais en faire de ton château !
DE LA BOUILLIE !!!!

- Bon, c’est pas le tout… faut que je téléphone à Gérard.
Doit s’inquiéter de savoir si je suis bien arrivée.

- Ah, c’est toi maman ? Ca c’est bien passé ton voyage ? T’appelles d’où, là ?
- […]
- Ah-oui bien sûr, y a pas trop de place dans les avions.
Enfin… d’après ce qu’on dit. Nous tu sais, on l’a jamais pris.

- Ca m’aurait étonnée qu’elle trouve pas le moyen de se plaindre.
Elle est en vacances, qu’est ce qui lui faut ?! Son jet privé ?!

- Comment ça, personne à la réception ? Mais, tu dois réserver une chambre maman !
Faut te faire inscrire !
- […]
- Ben je sais pas, moi ! Doit bien y avoir une sonnette quelque part…
Au pire tu pousses un coup de gueule. Quand ça t’arrange, tu sais bien le faire !

- J’espère qu’elle en profite bien ! Si seulement ça pouvait la calmer.
Pendant qu’elle est là-bas, nous on respire !
- Chuuuutttt Edith, elle risque de t’entendre !
- […]
- Nan-rien maman, je parlais à Edith.
Elle te dit d’en profiter, de respirer le grand air et de nous revenir en pleine forme.
17-01-08
I/4 : Paradis tropical ?

- En profiter, en profiter… je demanderais que ça d’en profiter !
Où il est passé le garçon de la réception ?
Aaah le voilà ! HEP GARCON !!

* Ooooh-naaan la revoilà! Peut pas aller crécher ailleurs ?
Je suis pas là ! Je suis pas là ! *

- VU !!
Vous jouez à quoi ? A cache-cache ? Si c’est ça, faut le dire !
En tous cas, je vous ai, je vous lâche plus. Alooors, me faudrait une chambre,
pas trop chère, confortable -tant qu’à faire- et avec vue sur la mer.

* Aïe, je me suis cogné sous le comptoir ! *
- Nous disons donc… pas trop chère, confortable avec vue sur la mer ?
-* Ca enfle, je vais me payer une bosse ! *
- Heu… si pouvait y avoir une salle de bain aussi, avec des toilettes…
SURTOUT des toilettes ! Comprenez, j’aime bien mes aises.

- Tendez je regarde… NAN !!
Nan-nan, je regrette, je vais pas avoir.

- Rha, faites-moi voir ! Hum… Et ça ?!
Elle est pas trop chère celle-là, elle me paraît bien.
Je demande pas la lune, quand même !

- Ah celle-là, bien sûr ! Mais vous aviez dit « confortable »
- Pourquoi ?? Eyé est pas ?
- Bof ! Le lit… moi je vous le conseille pas.
- Y a des toilettes ?
- Madaaame ! TOUTES nos chambres ont des toilettes ! Même la moins chère !
C’est un établissement $$$$

- Tant pis, je la prends ! T’façon, c’est que pour dormir, hein ?
J’y serai pas tellement-tellement dans ma chambre !

- En parlant de ça… qu’est ce qu’y a de beau à voir par ici ?
- Par ici ? Rien !
- RIEN ?! Comment ça, « rien » ? On m’avait dit… su’ le prospectus…
- Aaah bien sûr, si vous vous fiez aux prospectus !
Pouvez chercher le bateau du pirate. Les touristes, ça les occupe bien.
Tout le monde le cherche, personne le trouve ! Faudrait déjà trouver la carte.
- Bizarre ce garçon !
Voudrait vous dégoûter des vacances, s’y prendrait pas autrement.

- Dites-moi, mon brave… vous êtes du coin ?
- Bien sûr, je suis le guide touristique. Alors mémé ? On cherche des sensations fortes ?
Essayez le bateau à fond de verre, vous m’en direz des nouvelles !
A moins que vous préfériez le parachute ascensionnel ou le tour de l’île en hélico.
Choisissez, y a qu’à demander !

- On… on peut faire TOUT CA ?!!
- Ca dépend… Vous avez déjà fait du parachute ?
- Heu… nan. C’est pas dangereux ?
- Ben… écoutez, le mieux pour vous, je dirais…
Allez donc faire un tour en bateau ! … Vous savez nager, au moins ?

- Ca veut dire quoi ? « Vous savez nager ? » HEIN ?! Ca veut dire quoi ?!!
- Nan-nan, rien ! Je posais la question par routine… Z’avez des bouées sur le bateau.

- Sont tous bizarres ces indigènes. Peux pas dire qu’ils soient très accueillants.
M’enfin, hein ! Si c’était pour jouer au poker, je serais restée avec mes Petzouilles !
Va pour le bateau ! C’est là qu’y a moins de risques !

Une heure après…
- C’était NUUUUUULLLL !!!

-Ha-nan, mais c’est de la pure arnaque ! J’ai jamais rien vu de plus nul !
Y avait un appareil photo sur un banc de sable et il risquait de se faire mouiller.
Les autres ils voulaient tous qu’on le ramasse, moi j’ai dit NAAANNN !
C’est pas à nous ce machin-truc, après on va nous traiter de voleurs.
ON Y TOUCHE PAS ! L’est bien où il est !
Paraîtrait-il que c’était celui du type de la télé, du coup, on a tous été privés de divertissement.
On paye et on est punis, en plus !

- On m’y reprendra à faire leurs excursions ! Bande de voleurs !

- BON ! Est ce qu’y aurait seulement moyen de manger dans cet hôtel ?
J’espère que la cuisine est bonne. Ca se trouve ils vont nous faire manger des vers !
Ah-mais, ça s’est déjà vu à ce qu’on dit !

- Une table pour deux ?
- Pour deux ? Pourquoi pour deux ? Vous avez bu ? Vous voyez double ?
- Je pensais… vous n’êtes pas avec le monsieur ?
- QUEL monsieur ?!

- Le vieux schnock derrière ? Nan-mais, m’avez pas regardée ?!
Je suis VEUVE moi, madame !
Serait pas trop mal encore… mais un vieux qui s’habille chez Maxis.
Croyez que j’ai fait tous ces kilomètres pour trouver CA ?!
Les vieux schnocks c’est pas ça qui manque, au club des Petzouilles de chez moi.

- Aloooors…
Moui… ben, je vais pas me lancer dans l’inconnu.
Pour moi, ça sera des spaghettis !

- Pffiou, quelle journée, chuis crevée ! Un bon bain et je vais me coucher.
Les voyages à mon âge, ça use ! Faut quand même que je rappelle Gérard.
M’appellera pas lui, tu penses ! Avec ses quatre bouches à nourrir….
sans compter Edith !-Que c’est pas la moins vorace.
C’est que ça coûte d’appeler l’étranger !
20-01-08
I/5 : Gérard et ses principes

*J’espère qu’Edith sera de meilleure humeur. Je sais pas ce qu’elle a en ce moment,
elle est pas à prendre avec des pincettes ! Ca m’a turlupiné toute la journée, cette affaire.*

* Doit être fatiguée sans doute. Je l’avais pourtant avertie que d’avoir un bébé à notre âge,
c’était pas ce qu’on pouvait inventer de mieux. Alors deux, tu penses !
Enfin, tout rentrera dans l’ordre quand on ira vivre chez maman.
Ca lui fera pas de mal de se faire aider. Si seulement elle y mettait un peu du sien. *

- Tiens bonjour, toi ! Alors, l’école ? Tu travailles bien, j’espère !
- Beuh-oui, hein ! Même que j’ai eu treize !

- C’est ça, que t’appelles bien travailler ? Treize, c’est tout juste la moyenne !
Si tu te contentes de la moyenne, t’attends pas à devenir riche.
Tu seras vendeuse de disques, ou alors mascotte sportive,
peut-être à la plonge dans un restaurant… en tous cas, tu gagneras pas cher.

- Oh ben moi que j’étais contente ! C’est la première fois que j’ai la moyenne !
Même que la maîtresse elle m’a dit que c’était bien, que je faisais des progrès.

- Elle a dit ça pour te faire plaisir, mais tu peux me croire Marion :
Avoir la moyenne, ça suffit pas ! Faut travailler dur pour s’en sortir.
Elle t’a pas appris ça, maman ?… Nan, ça m’étonne pas !
Rhalala ! Y en a qui ont vraiment pas de chance !

- Mais moi j’en ai de la chance, hein tonton ? Parce que j’ai plein de copains et de copines, même des grands, comme Claude et Lola. Et puis j’ai une tata gentille et une maman qu’elle me dit tout le temps que je suis son petit trésor.

- Moui… on peut appeler ça, de la chance ! Mais ça fait pas tout dans la vie, la chance.
Faut l’aider ! Et pour l’aider, y a que le travail ! Y a que ça de vrai !
Tu ferais mieux de te dépêcher d’aller faire tes devoirs.

- Mais-heu ! J’ai bien le droit de jouer un peu, quand même !
Sinon c’était pas la peine que je ramène un petit camarade, sinon.

- Tu fais ce que tu veux ! Si ça convient à ta mère,
je vois pas pourquoi je trouverais à redire. Tu serais ma fille…

- Hé dis, Marion ! C’est qui le bonhomme ? C’est ton père ?
- Ha-nan, hein ! C’est que mon tonton. Moi mon papa, je le connais pas…
Pas encore ! Mais maman, elle m’a dit que je le connaîtrai à mon naniversaire.

A ton anni… ben, alors ! Pourquoi t’attends quand tu seras vieille ?
T’es pas pressée de savoir ?

- Oh-ben… si ! J’aimerais bien savoir.
Mais comment je pourrais le savoir si maman veut pas me le dire ?

- Ben… chais pô. Allez, on joue ?
- Ouais, super ! A quoi on joue ? Au gendarme et au voleur ?

- T’as des pistolets à amorces ?
- Ben-nan hein, chuis une fiiiiille !
- Oh-ben alors c’est nul ! J’aime pas quand on fait semblant.
- Mais attends ! Hé machin, attends ! On peut jouer à autre chose !

- Hé, regarde machin, regarde ! J’ai une balle pour de vrai !
Attrape !

- Pff, les filles ça lance même pas fort !

- Hi-hi, tu l’as laissée tomber ! Tu vois si je lance pas fort !
- Nan, elle est même pas tombée ! C’était rien qu’une feinte !
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