26-06-07
C/1 : Mais de quoi elle se mêle la Greluche ?

- Ho-hooo ! Vachement sexy l’uniforme. C’t‘au terrain de golf ou dans un garage qu’tu bosses ?
T’es sure de pas t’être gourée ?
- Ta gueule, fayot !

D’un autre côté… l’a pas tort. J’ai tout de l’arpète de garagiste.
Va draguer avec ça, toi !

- Tiens, la Greluche est rentrée !
Tain, ça me plairait trop une Smoogo comme la sienne.

Celle-là par contre, peuvent se la garder.
Puréééée, c’t’une vraie poubelle ce tacot !

Même sans être difficile… faut vraiment que je monte là-dedans, moi ?

- Allez, salut beau gosse ! Direction la décharge !

Fin beau… faut le dire vite, quand même.
Pas beau et pas causant. Tout pour plaire, Quasimodo !

- Ca a été Edith ? Elle vous en a pas fait trop voir Marion ?
- Pourquoi elle m’en aurait fait voir ? Elle est toujours sage avec moi.
- T’es une fripouille toi alors ! Pourquoi t’es pas sage avec maman fripouille ? Tu vas voir, je vais te faire des chatouilles !
- Hi-hi-hi hi-hi

- Elle est adorable ! Quelle chance vous avez. Dommage qu’elle grandisse bientôt.
- Dommage ?! Faut le dire vite ! Je trouve pas ça dommage, moi. Elle va aller à l’école, on va en être débarrassées.
- Madame Greluche ! COM-MENT pouvez-vous dire ça ? L’âge bambin, c’est le plus beau, après ils vous échappent.

- Ben, qu’ils s’échappent ! Je demande que ça. Z’allez pas me dire que c’est la joie de devoir tout leur apprendre.
- Moi j’y passerais ma vie, au moins on se sent utile. Qu’est ce que je vais pouvoir faire maintenant ? M’inscrire au club de tricot de Mlle Ladentelle ?

- Je vous comprends pas Edith. Si vous aimez tellement les bambins, pourquoi vous en avez pas un à vous ? Z’êtes pas encore trop vieille pour ça.
- Ah-mais, je demanderais pas mieux ! C’est Gérard… il est pas partant, vous voyez.

- Tut-tut ! Qu’est ce que vous avez besoin de son accord ? Je sais bien ce que je ferais, moi à votre place. Croyez-moi, c’est plus vite arrivé qu’on pense un bébé.
- Mais… mais c’est qu’il en veut pas !
- Il en veut pas et alors ? Pourquoi c’est lui qui déciderait ? Les hommes, faut savoir les prendre. J’en connais pas qui résistent à un crac-crac bien enveloppé.

- Tenez Edith je m’étais justement acheté une petite bricole, je vous l’offre.
Avec ça, s’il vous mange pas dans la main votre Gérard… Profitez-en !

- Un cadeau ? Un cadeau pour… moi ? Oh-mais faut pas Madame Greluche. C’est trop gentil, faut pas !
- Si-si, j’y tiens ! Pour vous remercier de m’avoir gardé Marion ce matin. Et puis appelez-moi Lorna, on est amies maintenant, n’est-ce pas ?

- Je… je sais pas quoi dire. C’est trop gentil Lorna. Ca m’a pas tellement dérangée, vous savez.
- Attendez de voir ce que c’est et… vous me tiendrez au courant ? (clin d’œil complice).

-Marion, tu viens ma puce ? On rentre maintenant !
- Ma’ion pipi po-pot, Ma’ion.
- Oui-ben grouille, j’ai pas que ça à faire.

* Han-nan-nan, j’oserai jamais porter ça. J’aurais l’air de quoi ?

* Allez, je range ça dans la commode.
Manquerait plus que Gérard tombe dessus. Qu’est ce qu’il irait penser de moi ?

* Mais pourquoi il veut pas aussi ? Il a un bon travail maintenant.
Va falloir que je lui en reparle.

* Tiens, le voisin d’en face est rentré. Angèle devrait plus tarder.

- Chérie ! Chérie, je suis rentré !
Qu’est ce qu’on dit à son petit mari ?
18-08-07
C/2 : Faites des gosses !

- Quand t’auras pris ta douche, j’aurai quelque chose à te dire Gérard…
Souris, descends de là !

- Oooh, tu peux bien me regarder ! Descends je te dis !
Tu vas me mettre des poils plein le canapé ! Al-lez ! Descends de là !

- Chérie ça y est ! je suis propre comme un sou neuf ! Heu… Tu te caches où, mon amour ?
- Je suis dans la chambre chéri !

- Dans la chambre ! Que ne le disais-tu ! Serait-ce des confidences sur l’oreiller ?

- Ca se pourrait ! Tu veux bien t’allonger un peu à côté de moi, Gérard
Il faut qu’on parle sérieusement, à… à tête reposée.

- Sérieusement ? Ah-mais je demande pas mieux que de parler sérieusement, avec ma petite femme, moi !
Attends ! Je prends un préservatif.

- Laisse tomber le préservatif. t’en as pas besoin pour discuter.
- Ah-bon ! T’es sure ? Parce que j’ai juste à tendre la main.
Faudra que je pense à en racheter d’ailleurs. Je crois que c’est les derniers.

- Alors ?? Qu’est ce que t’avais à me dire ?
- Ben voilà… Gérard, mon chéri… j’ai envie… j’aimerais qu’on essaye de faire un bébé.

- Nous y voilà ! Je t’ai déjà dit CENT fois…
- Oui-mais c’était avant que tu retrouves du travail ! Pourquoi on aurait pas un bébé, Gérard ? Les enfants sont grands, ils se débrouillent tout seuls maintenant, et puis ça sera pas pire que quand j’élevais Marion. Pourquoi tu veux pas ? Donne-moi une seule bonne raison !

- Des bonnes raisons, c’est pas ça qui manque ! Mais puisque t’en veux une… C’est pas au bout de presque 20 ans de mariage qu’on se met à faire des bébés. Attends quelques années et tu seras grand-mère. Tu pourras pouponner à tours de bras.

- C’est ça ! Dis tout de suite que tu me trouves trop vieille !
Je te fais plus d’effet, c’est ça ?

- Meuh dis pas n’importe quoi ! Bien sûr que tu me fais encore de l’effet ! Faire un bébé et faire crac-crac, c’est complètement différent. Pour le crac-crac, je dis jamais non, tu le sais bien !

- Oui-ben, si je suis trop vieille pour avoir un bébé, je suis trop vieille pour faire crac-crac.
- Meuh-nan, t’es pas trop v…
- Ce qui est dit, est dit ! Pas de bébé, pas de crac-crac !

- Quand est-ce qu’on mange, M’man ?
- Vous n’avez qu’à vous faire des sandwichs. Moi j’ai pas faim, je mange pas !

- C’est ça qu’on bouffe ? Des sandwichs ?!
- Ouais, maman mange pas. Elle est pas dans son assiette.

- Maman ? Qu’est ce qu’elle a ? Elle est malade ?

- Nan, elle va bien, vous en faites pas. Elle est juste un peu contrariée…
C’est gentil d’avoir préparé quelque chose, Claude.

- En tous cas, j’espère qu’elle va vite se remettre. Ca lui ressemble pas de pas vouloir faire la cuisine.
Et puis les sandwichs ça va bien une fois, mais faudrait pas que ça revienne trop souvent.

- Au fait, Angèle ! Tu nous as pas raconté comment ça c’est passé ton boulot. C’était bien ?
- J’ai pas raconté parce que y a rien à raconter. Je me suis coltiné le ramassage des balles de golf, et j’ai le dos en compote, si c’est ça que tu veux savoir. Et t’es gentil : moins j’en parle, mieux je me porte ! Et zut, le téléphone maintenant !
- Laissez les enfants, j’y vais ! Vous débarrasserez la table.

- Maman ?! C’est toi maman ? Qu’est ce qui se passe ?

- […]
- Je sais bien que j’appelle pas souvent, mais… Tu vas bien, au moins ?
- [… !]
- Meuh-nan, m’man je m’en fiche pas !
T’as pas l’air de te rendre compte : le travail, les enfants, Edith qui me fait une déprime…
- [… !!!]
* Mais c’est pas vrai ! Elle me raccroche au nez !*

* Ca prend jamais de vos nouvelles. On les voit jamais !
Quand on appelle… c’est tout juste si on dérange pas.
Faites des gosses, tiens !*
19-08-07
C/3 : Femme qui se plaint…

- Elle m’a raccroché au nez ! Tu le crois ça, Edith ?!
- Qui « elle » ?

- Ma mère ! Elle se plaint que je l’appelle pas assez souvent, qu’un jour les voisins la retrouveront morte dans sa cuisine, et elle me raccroche au nez. Tu te rends compte ?!
- Si tu l’avais pas habituée à l’appeler tous les quatre matins…
- Non-mais, elle dit qu’elle est malade. Elle est un peu fragile depuis le décès de papa.

- Fragile, ta mère ! Elle nous enterrera tous ! Comme disait mon père : « femme qui se plaint, on n’en voit pas la fin ».
- Là t’exagères Edith. Je sais bien que vous ne vous entendez pas très bien, mais si elle est malade, c’est normal que je m’inquiète. Elle va sur ses soixante-dix ans quand même.
- On ne s’entend « pas très bien »… Elle m’a toujours détestée, tu veux dire ! J’étais pas assez bien pour toi. Tu penses, une simple serveuse !

- J’ai envie de la rappeler. Tu crois qu’il faut que je la rappelle ?
- Tu fais ce que tu veux Gérard. T’es assez grand pour savoir ce que tu dois faire.

* Il va pas rappeler ?
Vous verrez qu’il va pas rappeler, ce fils ingrat.

Tutu tut tutu tut tu tut

* Ah quand même !
- Gérard ? Nan je suis pas encore morte. Tu devras attendre un peu pour l’héritage.

* Il l’a rappelée, j’en étais sure ! Y a pas à dire, elle sait y faire, la vieille.

* Il est tellement prévisible, mon pauvre Gérard.

- Souris, descends de là !

- Alors ? Qu’est ce qu’elle te voulait ?
- Bof, comme d’habitude : Je vais jamais la voir. Je suis pas allé sur la tombe de mon père. J’attends qu’elle meure pour hériter de la maison… -ce qui devrait plus tarder d’après elle, avec sa maladie.
- Elle est vraiment malade ?
- Elle a attrapé une cochonnerie avec des cafards. Ca devient préoccupant cette histoire de cafards. Ils envahissent tout. Tu sais pourtant comme elle est maniaque.
- Oh-oui, je sais !

- Je vous ai entendu parler de cafards ? Y a des cafards ? Remarque : pas étonnant, dans cette HLM pourrave !

- Parle pas de malheur, Angèle ! Non, on n’a pas de cafards !
C’est ta grand-mère. Elle a subi une invasion et depuis sa santé s’en ressent.

- Ah, c’est que mémé ! Ca devait bien lui arriver avec ses sacs à puces. C’est le clébard qu’a renversé la poubelle ?
- C’est lui… ou un autre. C’est fou le nombre de chiens qui traînent dans les rues. La fourrière est débordée. Ils en parlaient encore sur TV-infos hier soir... Ca a l’air de te soucier la santé de ta grand-mère, ça fait peur.

- Oh, on la connaît mémé : Chuis pas bien, je vais bientôt mourir… Si on devait s’inquiéter à chaque fois… Bon, moi je vais me coucher ! Je suis crevée.
- Ah-ha, tu vois ce que ça fait de travailler !

- Je sens que je vais pas tarder à faire pareil.

- Mais avant… je vais mettre le sac poubelle au vide-ordures.
Tu m’as fait peur avec ton histoire de cafards, Gérard.
- Edith attends ! Pose ça !

...

- On va quand même pas se coucher fâchés.

* S’il se figure qu’il va avoir droit à son crac-crac pour autant.
Alors là, il me connaît mal !
21-08-07
C/4 : Le silence est éloquent

* Je meurs de faim ! C’est vrai que j’ai rien mangé hier soir. -Pas très raisonnable, ça Edith-
voyons-voir ce qui me reste dans le frigo. Mmm, pas grand chose… va falloir penser à faire les courses.

* Une pâtisserie fourrée, bonne idée ! C’est vite fait, ça va me caler.

* Mais pourquoi il veut pas de bébé ? On est pas si vieux ! Enfin… je suis pas si vieille : 36 ans, c’est pas si vieux. Et puis maintenant, on les a de plus en plus tard les bébés. Moi j’avais même pas 20 ans quand j’ai eu Claude... Faut dire que j’étais pressée, j’avais tellement peur de pas en avoir… J’aurais mieux fait d’attendre. Nan-mais c’est vrai, tiens Lorna. Je suis sure qu’elle a pas loin de trente ans… si c’est pas plus.

* Bon ! C’est pas le tout, j’ai encore faim. Pâtisseries fourrées pour tout le monde !

* Qu’ils aillent pas me dire qu’elles leur plaisent pas mes pâtisseries. J’aurais bien fait de l’omelette, mais le temps de battre les œufs… enfin, c’est pas ça le plus long. Le plus long, c’est quand même de faire cuire les poivrons.
- A TAAAABLE ! Le petit déjeuner est servi !

- A table ? Mais t’as vu l’heure ? Même pas 7 heures !
T’es tombée du lit ce matin ?

- A vrai dire Angèle… j’ai pas très bien dormi. On a eu une discussion hier avec ton père. Ca m’a pas mal tracassée.
- Ah-ben, ça c’est vu ! C’était quoi, le sujet ? Grand-mère ?

- Grand-mère ?? Pourquoi tu me parles de grand-mère ? Aaaah ! A cause du coup de téléphone ?
- Entre autre ! Mais faut bien reconnaître que les rares fois où t’es pas d’accord avec papa, c’est quand vous parlez de sa m... Bonjour p’pa !

- Bonjour-bonjour. Vous êtes bien matinales ce matin !
Vous avez raison : le monde appartient à celui qui se lève tôt.
– Même s’il aurait bien dormi encore un peu.

- Je disais à Angèle que j’avais pas très bien dormi à cause de notre discussion d’hier.
- Ah ! La discussion ! T’y penses encore ?
- Bien sûr que j’y pense ! Je pense même qu’à ça.
- Heu… on peut savoir ou on va mourir idiots ?

- Tu n’as pas à savoir. On a eu une discussion, point final !
On n’a pas de comptes à te rendre !

- Meuh pourquoi ? On peut bien lui dire Gérard. Ca la concerne aussi.
Voilà : Ton père trouve qu’on est trop vieux pour avoir un bébé.
- QUOI ?!!

- T’entends ça, Claude ? Ils veulent nous pondre un petit frère ou une petite sœur.
Nan-mais, vous êtes MALADES !

- Rectificatif, tu permets ! Votre MERE voudrait faire un bébé. Moi je suis pas d’accord.
- Ah-ben, encore heureux !

- Alors, toi aussi t’es contre moi, Angèle ?

- S’agit pas d’être « pour » ou « contre » toi, Edith. S’agit de pas s’embarquer à faire un bébé à notre âge. Il aura bonne mine le bébé quand il se retrouvera à jouer à trois petits chats à la récré avec ses neveux et nièces !

- Mais t’as RIEN compris ! Je VEUX UN BEBE Gérard ! J’y pense tout le temps. Qu’est ce que ça peut faire qu’il ait cinq ou dix ans d’écart avec les enfants de Claude ou d’Angèle ? On fait pas un enfant pour le qu’en dira-t-on. Si y a que ça, y aura qu’à l’inscrire dans le privé, il sera pas dans la même école.

- Je t’avertis Gérard ! Si tu veux pas, je…
Je sais pas ce que je ferai, mais je t’en voudrai et je serai très malheureuse.
- T’entends ta mère ? T’en penses quoi, Claude ?
- Ben heu… chais pas trop. J’ai pas envie qu’elle soit malheureuse.

…

…

…
22-08-07
C/5 : Y a pas qu’un coq

- Tu sais quoi m’man ? Pourquoi t’irais pas faire les boutiques ?
Ca te changerait les idées. C’est les soldes.

- Ah-ouais, les boutiques, ça serait génial ! Bon les soldes, y a pas mal de rossignols aussi, mais des fois en fouillant… surtout qu’on aurait bien besoin de nouveaux vêtements.

- C’est les soldes, vous dites ? Rho, faudrait que j’aille voir si je me trouve pas une petite robe.
Ca fait une éternité que je me suis rien acheté.

- Et puis il me faudrait bien des chaussures aussi,
les miennes sont bonnes pour le cordonnier, mais comme j’ai que celles-là…

- Et un chapeau ? Ca te plairait pas, un chapeau ? Je suis sure que ça t’irait bien. Y a une fille dans ma classe, sa mère elle met toujours un chapeau. Je trouve que ça fait classe.
- Un chapeau ? Tu crois ? Ca fait pas un peu mariage ?

- Tu pourrais t’offrir le coiffeur et l’esthéticienne aussi.

- Gérard ! Tu crois que l’argent pousse sur les arbres ?!
L’esthéticienne, pfff ! Elle fait pas des soldes, l’esthéticienne, que je sache !

- Ton père, je te jure !
- Bon ! Faudrait pas qu’on se mette en retard. Après s’être levés si tôt ça serait un comble. Vous feriez bien de vous dépêcher aussi les enfants, on n’a qu’une salle de bain, je vous rappelle.

- Papa à peine relou ! L’esthéticienne hi-hi-hi !
Faudrait déjà que tu te maquilles !

- Mais qu’est ce que ???

- Rha ! Va falloir passer l’aspirateur dans la voiture. C’est plein de feuilles !

* Nan, elle me fera pas coucou.
Elle aurait pu me faire coucou quand même.*

* S’il croit que je vais lui faire coucou…
Je suis trop vieille pour ça ! *

- Claude, attends-moi ! Attends-moi, Claude !
- T’as qu’à te grouiller, ma vieille !

…

* Et voilà ! J’ai fait ma toilette, j’ai terminé le ménage…
Qu’est ce que je vais faire ? (soupir).
Si j’allais chercher Marion ? Ca ferait que d’arranger Lorna. *

* Purééée ! Qui c’est qui sonne à cette heure-là ?
Dix heures du mat’. Y en a qui manquent pas d’air ! *

- Edith ?? Qu’est ce qui se passe ? Rien de grave j’espère.
- Heu… nan, j’étais prête, mais… je vous dérange peut-être ?
-Nnn-nanan fallait que je me lève toute façon. Vous prendrez le petit déjeuner avec moi ?
- Heu… le petit déj… ? Si vous voulez.

- MOMAAANNN ! MOMAAAAAAAANNNNNNN !
- J’ai bien peur d’avoir réveillé Marion avec la sonnette.

- Na-nan, ça fait un moment qu’elle est debout.
Y a qu’à la laisser, elle va se calmer. Marion, tais-toi !
- Mômaaannn, (snif)

- Racontez-moi tout, Edith. Qu’est ce qui vous amène si bon matin ?
- Ben-heu… j’avais un peu le cafard, alors je me suis dit : si j’allais chercher Marion.
Je voudrais en profiter au maximum avant qu’elle grandisse.

- Ca n’a pas marché le coup de la nuisette ? Il est en bois cet homme-là !
- Nan, c’est pas ça… Oh, Lorna, il veut pas de bébé !

- Il veut pas, il veut pas… mais vous avez peut-être votre mot à dire, nan ?
Et puis au pire, si je peux me permettre… Y a pas qu’un coq dans la basse-cour.
Y en a pas un qui vous plairait ?

- Rho, Lorna !
Mais je dois dire que… j’y ai pensé, figurez-vous !
J’étais tellement en colère.
24-08-07
C/6 : Confidence sans confidence

- Hé-ben alors ? Qu’est ce que vous attendez ? Moi à votre place j’hésiterais pas.
Et puis vous verrez, quand il sera là, il en sera complètement fou.
Il se rendra même pas compte qu’il est pas de lui.

- Hanan, je peux pas lui faire ça. Vous-vous rendez pas compte !
Et puis les enfants… nan, je pourrais pas.

- Mômaaan ! Mômaaan !

- Je ferais mieux d’aller chercher Marion. Vous me feriez dire des sottises.
- Vous finissez pas vos cornflakes ?
- Si ça vous dérange pas… j’ai déjà déjeuné, vous savez.
- Heu… Edith ! Si c’est pas indiscret : Vous pensiez à qui pour… ?

- C’EST indiscret ! Chais pas ce qui m’a pris de vous en parler.
Surtout gardez ça pour vous !
Tu viens, chérie ? On va chez tata.

- Vous en faites pas, Edith. Je sais garder un secret.
Vous m’avez rien dit, de toute façon.

- Pin-pin, myon pin-pin.
- Nan, tu laisses pinpin ici. T’as ton lapipapotte à la maison.
- Lapotte ?

* Chuis folle ! Chuis complètement folle !
Mais pourquoi je lui ai parlé de ça ? *

- Rho dis donc ! Tu deviens lourde, Marion. Tu veux bien marcher un peu ?
Tu vas être mignonne : Tu vas faire pipi-popot, et puis on fera ta toilette.
Après on ira mener-mener dans le petit parc.

* C’est la faute à Gérard, aussi. Pourquoi il veut pas de bébé ?
Va absolument falloir que je lui en reparle. *

- A fini ! Fé pipipopo !
- C’est bien ma chérie. On va faire la toilette, maintenant ?

- Marion, c’est l’heure de rentrer ! Les enfants vont plus tarder.

- Core chable !
- Nan-nan, on a fini de jouer au sable ! Rho, tu t’es toute salie ma chérie.
Je vais encore être obligée de te changer.

* Ah j’allais oublier… manquerait plus qu’on ait des cafards ! *

- Salut m’man ! Ca c’est bien passé, ta journée ? T’as été en ville ?

- Nan, pas eu le temps ! Trop occupée ! Ca sera pour une autre fois.
- Ben grouille quand même ! Les soldes ça dure qu’un temps.
- Chais bien. C’est que partie remise, t’inquiète !

* La prochaine fois qu’on fera crac-crac… –si jamais y a une prochaine fois-,
je lui réserve une petite surprise ! *

- T’as vu maman ? Comment tu l’as trouvée ?

- Ca avait l’air d’aller. Elle avait le sourire.
Pour une fois t’as assuré, le frangin. C’était bien trouvé le truc des soldes.

- Ah-mais c’est que je la connais qu’est ce tu crois ?
Rien que le mot ça la met en transes.
- N’empêche, c’est bien tombé. Si elle va mieux, je suis soulagée.
Faudrait pas qu’elle nous fasse une dépression, non plus.

- Chérie ! Chérie, je suis rentr… ah t’étais là Edith ?
Je me suis fait un sang d’encre toute la journée… Ca va mieux ?
- Couci-couça… T’as changé d’idée ?
- Heu… pour le bébé, tu veux dire ?
- Bien sûr pour le bébé ! Pour quoi d’autre ?
- Heu… nan.

- BON !
Les enfants, vous venez goûter ? J’ai fait du ramen.
- Edith, attends ! Viens-voir un peu par là !

- Edith, ça peut pas continuer. Je t’aime mon amour, tu le sais. Alors j’ai pensé…
On pourrait se faire une petite sortie au restau en famille tous ensemble. On pourra discuter. Ca fait combien de temps que je t’ai pas emmenée au restaurant ?
- Au restaurant Gérard ?… (réfléchit). J’ai perdu le décompte.
Oui-mais alors, pas trop cher le restaurant. C’est bientôt la fin de la semaine, je vais devoir remplir le frigo. Faudrait pas l’oublier ça, Gérard.
25-08-07
C/7 : Un peu de respect !

- Qu’est ce que tu fais ? T’appelles un taxi ? On prend pas la voiture ?
- Heu… nan, j’appelle ma mère. Lui dire de se préparer.

- Ta mère ?! Ta mère vient avec nous ? Mais je croyais…
je croyais qu’on serait que tous les quatre.
Oh-ben ça change tout ! Chais pas si j’ai bien envie d’y aller.

- C’est l’occasion Edith ! Comme ça elle sera contente, elle arrêtera de se plaindre. Si elle apprend qu’on est allés au restaurant sans elle, elle va en faire un drame. Tu la connais. Après on sera obligés de la réinviter, ça fera double frais.
Allo maman ?!

- Vu sous cet angle, bien sûr… mais ça gâche tout !

- Au restaurant, tu dis ? A cette heure là ?! Ca serait pas mieux dimanche ?

- […]
- Mais-nan, chuis pas jamais contente ! Mais tu sais, à mon âge, sortir le soir…
Y aurait qui ?
- […]
- Ah-bon, que nous alors ?!

- […]
- Mais si ça me fait plaisir de vous voir, c’est pas ça !
C’est juste que j’ai pas souvent l’occasion de voir du monde.
Alors, on fait comment ? Vous passez me prendre ou faut que je sorte la voiture ?

- Celui-la, je vous jure… On les voit pas pendant des semaines et ça leur prend comme une envie de pisser : On t’invite au restaurant. A 9 heures ! En milieu de semaine ! Croyez que ça pouvait pas attendre dimanche ?
* (NDLA : Elle parle tout haut, la vieille. Elle radote, quoi !).

- Zorro, je te confie la maison.
Tâchez de pas faire de bêtises. Je le saurais !

- Zorro-Caramelle-Chocolat, je vous mets des croquettes dans l’entrée.
Essayez de pas vous battre !

- Quand je repense à tous ces cafards… Moooon Dieu !
J’en ai encore la chair de poule.

- Zorro-Chocolat-Caramelle, Vous venez manger ?
Tu viens, Caramelle ? Oh-voui, t’es une bonne mémère, toi.
Où il est encore passé, ce feignant de Chocolat ?

- J’oublie rien ?
- Mais qu’est ce qu’ils fichent ? J’espère qu’ils m’ont pas oubliée.
Ah-nan, les voilà !

- Géraaaard, mon petit Géraaaard, (voix qui tremblote) ça faisait longtemps.
Siiiii longtemps !

- Oui-bon, tu me raconteras ça dans la voiture.
Edith, les enfants, revenez ! Le chauffeur va pas nous attendre !

- Ho, mémé ! Tu peux pas te pousser un peu ? On peut pas monter, nous.

- Ce que vous êtes durs avec moi ! Vous verrez, quand vous aurez mon âge.
Tu montes à côté de moi, Gérard ?

- Viens-là que je t’enlace, mon Gérard.
C’est si gentil de m’avoir invitée. Pourquoi, vous venez jamais me voir ?
- Faut rien exagérer maman. Je suis passé, y a même pas quinze jours.

- Quinze jours ! C’est bien ce que je disais.
Je pourrais être morte à l’heure qu’il est.

- En parlant de ça… t’as pas l’air trop mal. C’est déjà fini ta maladie ?
- Plaisante pas avec ça, Gérard ! Tu sais pas par où je suis passée.
J’ai eu le médecin trois fois. Mais-bon, ça va mieux, Dieu merci !

- Elle a décidé de nous faire chier comme ça toute la soirée, la mémé ? Ca promet !
- ANGELE, ça suffit ! Un peu de respect !
C’est ta grand-mère, elle est âgée. Faudrait voir à pas l’oublier !
28-08-07
C/8 : Bon appétit messieurs-dames !

- On est où, là ?
- A la cafète retro, mémé. Tu verras, c’est assez sympa.
Ca vaut pas le Couic, mais-bon. Faut pas trop leur en demander.

- A la cafète, tu dis ? Ah-mais… mais je croyais qu’on serait allés dans un « vrai » restaurant.
Quand je sortais avec ton grand-père, il m’emmenait toujours au Londost.
Il connaît pas le Londost, ton père ?

- De nom, peut-être… Tu sais mémé, on roule pas sur l’or non plus.
C’est déjà beau qu’il nous offre le restau.

- Bon-ben alors… Qu’est ce que vous faites ?!
Edith ! Gérard ! Vous venez, oui ?
C’est moi qui paye !
- C’est cool ça. T’as entendu, Angèle ? C’est mémé qui paye.

- Mais-nan maman ! Si on t’invite, c’est pas pour...
- J’ai dit : C’est MOI QUI PAYE !!
- Gérard, si elle veut payer, laisse-la payer !

- Je vous reconnais bien-là, Edith. Vous perdez jamais le nord, vous !

- Bon-ben alors, comment on se place ?
Gérard, tu te mets à côté de moi ?
- Si tu m’acceptes, je veux bien.

- Les enfants, installez-vous ! Allez-y, choisissez ce qui vous ferait plaisir.
- Mais… p’pa, Y a pas de place pour maman ?

- Ah-oui, c’est vrai ça ! Ma pauvre Edith, c’est vraiment pas de chance !
Comment on va faire ? Vous prenez une table à côté ?

- Vous en faites pas pour moi, belle-maman : J’ai l’habitude.
A côté, ça sera parfait !

- Bien ! Alors, qu’est ce que vous prenez ? Pour moi ce sera des spaghettis.
- Spaghettis, ça me va très bien.
- Spaghettis aussi.
- Et toi Claude ? T’as choisi ?

- Nan ! Moi je prendrai plutôt des côtes de porc.
- Ben toi, tu te fais vraiment pas chier ! T’as vu combien ça coûte, les côtes de porc ?
- Bon alors, qu’est ce que je note ? Spaghettis ou côtes de porc ? Faudrait savoir !

- Spaghettis !
- Côtes de porc ! Elle a dit ce qui nous ferait plaisir, nan ?
Alors je prends des côtes de porc !
- Là tu pousses, Claude !

- T’as raison mon grand, profite-z-en ! Tu dois pas en manger souvent.
Aaah ! Ca me fait tellement plaisir de vous avoir tous là autour de moi.
Je propose qu’on porte un toast à cette merveilleuse soirée !

- A ta santé, Gérard !
- Beuh… et nous alors ? On trinque pas ?
- Vous voulez trinquer les enfants ?
Gérard ??

- Nan-nan maman. Ils sont trop jeunes pour boire de l’alcool.
- Rho, l’autre ! On en a d’jà bu j’te signale.
- Pas en semaine ! -Pas à ma connaissance, toujours.
- Et maman, elle est trop jeune aussi ? Tu trinques pas m’man ?

- Vous auriez voulu trinquer, Edith ?
*(NDLA : Notez la subtilité du conditionnel passé. Sous entendu : trop tard, ma conne !)

- Trinquer à cette merveilleuse soirée ?
Pas spécialement, belle-maman.

- Bien !
Alors mon Gérard, qu’est ce que tu deviens ? T’as retrouvé du travail ?
- Je te l’ai déjà dit au téléphone : assistant dans un laboratoire.
- Ah-oui, c’est vrai… Quel malheur ! Mais tu vas pas te contenter de ça ? Tu vas trouver un « vrai » travail ? Tu continues à chercher, j’espère.
- Ecoute maman, déjà beau d’avoir trouvé ça, -comme tu dis. Je sais pas si t’es au courant, mais le taux de chômage dans la recherche avoisine les 15%.
- Hé-ben ? Ca fait quand même 85% d’actifs ça. Il te reste de l’espoir.

- A votre santé, Edith !

- Oooh, vous êtes déjà servie ? Vous avez de la chance, vous alors !
- Oui… on peut voir ça comme ça.

- Aaah ! Serait-ce notre tour ?
- Vous ferez attention, c’est très chaud ! Trois spaghettis…
- N’allez pas nous les renverser ! –N’a pas l’air très adroit, ce garçon.

- …et une côte de porc pour le jeune homme.
Je vous souhaite un bon appétit !
29-08-07
C/9 : Du bois de centenaire

- Prêts à attaquer ? Attaquons !
- Voyons, maman un peu de tenue ! On est pas chez les Zoulousims !

- Ce que tu peux être coincé, mon pauvre Gérard !
Je me demande bien de qui tu tiens.
A ce propos… vas-tu enfin te décider à rendre visite à papa ?

* Et c’est parti ! Ca c’est que les hors-d’œuvre !
Après on va avoir droit à : Je vais mourir bientôt.
Vous serez bien soulagés, vous n’aurez plus à attendre l’héritage…*

- Meuh papa, y a longtemps qu’il s’en soucie plus !
Quand finiras-tu par comprendre qu’au mieux, c’est plus qu’un fantôme maintenant.
- GERARD ! Comment peux-tu dire ça ?! Alors pour toi, quand on est mort, on est mort !
Si je comprends bien : tu viendras pas me voir, même quand je serai au cimetière.
Aaah, elle est belle la jeunesse ! A part empocher l’héritage…

- Meuh-si, je viendrai te voir ! Mais pas tout le temps !
Et puis, t’es pas de là d’être morte. Je te trouve même en très grande forme.

- Tu dis pas ça pour me flatter, Gérard ?
- Meuh-nan, pourquoi ? Je suis sincère.
- Ah-ben parce que… c’est ce que le médecin m’a dit quand il est venu la troisième fois.
D’après lui… -je dis bien « d’après lui »- … je pourrais durer jusqu’à centenaire.

* Tiens, une variante ! Je la connaissais pas celle-là *

- Alors je me suis dit :
Ca serait bête d’attendre tout ce temps avant de vous faire profiter de la maison et…
- Tu… tu veux dire que… tu serais prête à renoncer à ton usufruit ?
Ah-ben, ça nous arrangerait bien. On est un peu juste en ce moment.
Et toi ? T’irais où ?

- Heu… je crois que y a gourance, là p’pa. T’as pas tout capté j’ai bien peur.
Elle te dit qu’elle veut bien nous laisser profiter de la maison, pas d’en partir !
Tu devrais bien la laisser finir.

- E-xac-te-ment ! J’ai pensé que c’était un peu bête d’être toute seule dans cette grande maison
alors que vous vous entassez à quatre dans un appartement. -où vous pouvez recevoir personne.
Je pourrais vous laisser le rez-de-chaussée, qu’est ce que vous en pensez ?

- HEIN ?! Habiter chez toi ! Avec tes chats, ton chien et tout le bordel ?!
- Quoi ? Ca vous ferait pas plaisir, les enfants ? On pourrait se voir tous les jours.
- Justem… ah-mais… ah-mais maman, voudra jamais !

- Pourquoi elle voudrait pas ?? Qu’est ce t’en penserais, toi Gérard ?
- Ben-heu… C’est à étudier. Ca nous permettrait d’économiser un loyer
et ça c’est bien appréciable. D’un autre côté… faut bien admettre que
vous-vous entendez pas toujours très bien, Edith et toi.

- Meuh-si on s’entend bien !
Ca va Edith ? Vous-vous ennuyez pas trop dans votre coin ?
On termine notre repas et on vous rejoint !

- C’est ballot, hein ce genre de table ? Ils auraient pu en prévoir de plus grandes.
Eeeennnnfin ! Le principal c’est de pouvoir manger.
Vous avez bien mangé, Edith ?

- Trrrrèèèès bien mangé ! J’avais que ça à faire, de toute façon.
Mais vous-vous trompez belle-maman le principal c’est quand même …
que vous étiez assise à côté de Gérard.

- Ah-merci ma fille ! Vous au moins vous me comprenez.
Je le vois si peu souvent vous savez. Ca mériterait que je vous embrasse !

- Nan-nan, vous donnez pas cette peine. Ca mérite pas ça, croyez-moi.
- Bien ! Mais le cœur y est.
- Tu viens m’man ? On va se faire un billard avec Claude.

- Un billard ? Ah-mais j’adooooore !
J’avais décroché la Blanchedu billard dans le temps, saviez pas ?
On va voir si j’ai pas perdu la main.

- Meuh-heu ! Qu’est ce qu’elle a à la ramener, fait chier, on l’a pas sonnée !
C’est à maman que j’avais demandé.

- Gérard, je peux te parler une minute ?
- Bien sûr, mon amour. Qu’est ce qui se passe ?
- C’est ta mère… Chais pas ce qui lui prend.
La voilà tout miel-tout sucre avec moi, maintenant.

- Tu vois bien qu’elle te déteste pas ! Tu te faisais des idées, ma chérie.
- Chais pô. Je trouve ça bizarre.
