11-02-07
A/1 : La Cité des Sablonnières
« Les Sablonnières », t’as vu le machin ? C’est là que je vais vivre, enfin… survivre.
Troisième étage, le store rayé, t’as repéré ?
Y a que mon frangin, lui il s’en fout, vivre là où ailleurs de toutes façons, le décor il le voit pas. Faudrait déjà qu’il accepte de lever le nez de ses bouquins.
- Enfin Angèle, c’est pas si mal.
- AngélA si ça te fait rien ! C’est pas parce qu’on m’a collé un prénom ringard que je vais me le coltiner toute ma vie.
- Angèle, Angéla, je vois pas ce que ça change.
- Toi tu vois pas, mais moi je vois. Alors, tu m’appelles AngélA ! Le seul truc bien dans ce déménagement, c’est qu’ici personne me connaît. Alors, Angèle, tu rayes ! Compris ?!
- Comme tu veux, AngélA. Mais ça fait quinze ans que je t’appelle Angèle, ça va pas me venir comme ça. Y aura des ratés, j’ai bien peur. Surtout qu’Angèle et Angéla, ça se ressemble quand même pas mal.
- Si c’est trop dur pour ta petite tête, ben t’auras qu’à m’appeler Lola.
- Ouais, ça sera peut-être plus facile. On dirait un diminutif.
- Voilà ! T’es sympa quand tu veux.
- Moui… je te dis pas la tête des parents quand ils vont apprendre ça.
- Les parents, tu laisses, je m’en occupe. Ils seront pas toujours sur mon dos, de toutes façons. - Pas quand je serai avec des copains en tous cas-. Tu fais quoi, là ? J’ai envie d’aller faire un tour au square. Tu m’accompagnes ?
Nan. Ca m’aurait étonnée. Monsieur a des devoirs à faire. Ca peut foutre s’il les fait pas ? C’était des devoirs de notre ancien collège, on va même pas les lui demander. A croire que ça lui manquerait s’il avait rien à étudier.
Ben tant pis, j’y vais toute seule. Je verrai bien si je fais de nouvelles rencontres.
La vaaaache, la bagnole ! Y a pas que des fauchés dans ce quartier !
C’est bien ma veine, y a pas un chat dans ce square.
Enfin, si justement… y a juste un chat.
Allez hop ! Toi tu dégages !
Je peux pas kifffer les chats. C’est fourbe, ça pense qu’à bouffer, y a rien à en tirer.
Allo ? Y a quelqu’un ??
Une heure que je poireaute sur ce banc… nan, enfin une heure, j’exagère. Dix minutes, un quart d’heure peut-être et toujours personne.
C’est le désert mortel par ici. Pourtant avec les HLM à côté, ça devrait grouiller de jeunes, merde ! Qu’est ce qu’on est venus s’enterrer dans ce trou à rats ?
Ca va, j’en ai ma claque, je me tire.
- T’es toute seule ?
Je me retiens ou je lui dis ?
Nan, je suis une bande de jeunes. Tu vois pas que je m’éclate là ?
Naaan, c’est pas le moment de faire ma pimbêche. Elle m’a pas agressée cette fille.
- Oui, et ça me gave grave. C’est toujours comme ça dans le coin ?
- Hanan ! Des fois c’est noir de peuple. Tu vois le truc c’est qu’ils nous ont mis des balançoires et pas moyen d’en approcher : C’est les adultes qui les squattent. Alors on préfère se retrouver au cinoche ou au café.
T’es nouvelle ? Je t’ai jamais vue. C’est quoi ton prénom ?
-Ang… Lola !
- Lola ? Ca c’est la classe ! Pas comme moi…
- Pourquoi ? Toi c’est comment ?
- Sophie, pfeuh !
- Ben quoi ? C’est pas mal Sophie. Pas comme Angèle.
- Angèle ?? Pourquoi Angèle ?
-Ah-ben… c’est mon deuxième prénom. Tu sais ce que c’est les deuxièmes prénoms, ils veulent faire plaisir à la famille. En fait c’est ma grand-mère qui s’appelait Angèle et mes parents… le pire tu vois, c’est qu’ils m’appellent toujours comme ça.
- Comment ? Angèle ?!
- Ouais.
- Hi-hi-hi ! Excuse-moi, ça c’est pas de veine !
S’appeler Lola, que c’est super chouette et se faire appeler Angèle, hi-hi-hi, c’est vraiment pas de veine ! Je rigole, c’est plus fort que moi. Tu m’en veux pas, hein ?
- Nan, mais pour toi, ça sera Lola.
- Bien sûr ! Tu viens d’où Lola ?
- De Mont Sympa.
- De Mont Sympa ?! Wouais, la chance ! Comment t’as atterri ici ?
- Ah, ça ! C’est toute une histoire. Tu viens chez moi ? Je te raconterai.
Mes parents doivent commencer à se demander ce que je fabrique.
- …Alors tu vois, ils ont licencié en masse et mon père était dans le tas. Vas trouver du boulot dans la carrière scientifique.
- Wouaouh, c’est un scientifique ton père ?
- C’était ! Chercheur sur le terrain à mi-temps. Maintenant c’est chômeur à plein temps.
- Oh ma pauvre, vous devez galérer
- Nan pour le moment ça va encore : Il a touché une grosse prime de licenciement.
- Salut Soso !
Elle a rien à jeter ta copine, tu me présentes ?
- Tu fous là, toi Oscar ? Rentre chez toi !
Et puis tu m’appeles pas Soso. Moi c’est Sophie !
- Ben-euh ! J’ai bien le droit d’être là. Tu y es bien toi, Sooo-phie !
- Moi, Lola m’a invitée, c’est pas pareil.
- Lola ? Elle s’appelle Lola ? Merci du renseignement !
- Pauvre mec, va !
- Salut Lola, moi c’est Oscar, un copain de Soso. C’est la première fois que je te vois. Tu crèches là ?
Celui-là, s’il continue à me mater comme ça, il va se prendre deux beignes, il va se demander d’où ça lui tombe.
- Je crèche pas, j’habite !
- Oh-ho, la demoiselle a du vocabulaire ! T’habites au combien ?
- Pourquoi ? Tu comptes venir me border ?
- Laisse tomber Lola. C’est un pauvre mec. RENTRE CHEZ TOI ! Tu te rappelles pas où c’est ? : Ton HLM pourri au bout de la rue !
- L’écoute pas Lola, c’est ma voisine de palier, alors, le HLM pourri : C’EST PAS PLUS LE MIEN QUE LE TIEN, SO-SO !
- Bon alors, écoute bien Oscar : J’en ai strictement rien à foutre de savoir à qui il est ce putain d’HLM.
Y a juste que Sophie, elle m’accompagne parce que je lui ai demandé, et toi tu te casses ! Vu ?!
- Oh-bon, ça va j’ai compris. Pas la peine de faire des histoires. Tu seras peut-être contente de me trouver quand t’en auras marre de la Sophie. Je t’avertis, c’est un pot de colle. Elle m’en veut parce que j’ai pas voulu sortir avec elle cet été.
12-02-07
A/2 : De l’éducation des jeunes filles
- Ah, te voilà Angèle, où étais-tu passée encore ?
- C’est ma mère. T’inquiète Sophie, elle est cool –pas comme mon père.
J’étais dans le petit square m’man, j’ai ramené une copine !
- Elle pourra pas rester longtemps, on va bientôt passer à table.
- OK m’man, juste cinq minutes !
- Au fait Sophie, c’est vrai ?
- Quoi ?
- Que tu voulais sortir avec Oscar ?
- Dans ses rêves, oui ! Et toi ? T’avais un amoureux à Mont sympa ?
- Nan… oui… enfin, j’avais rompu.
- C’est mieux comme ça. Tu pourras en choisir un autre.
- Y a le choix ?
- Beuh-oui, si t’es pas difficile :
T’as Rudy Royer, Rémi Lendro, Oscar Ferrand que t’as déjà vu…
- Oui-ben s’ils sont tous dans ce genre là, j’aime mieux rester célibataire.
- T’as Gary Bellami, mais il est un peu vieux pour toi.
- Pourquoi ? Quel âge ?
- Chais pô, 24/25 peut-être
- Hé-ben ? Ca fait que 10 ans d’écart !
- Oui, mais tu verrais les bombes qu’il se sort.
- Angèle, tu dis au-revoir à ta copine, on passe à table !
- Oooh m’man, on peut pas rester discuter encore un peu ?
- Nan-nan j’y vais, je vais morfler si je rentre trop tard.
Hé-pssitt, c’est vrai qu’elle t’appelle Angèle !
- M’en parle pas !
- Alors Angèle, tu t’habitues à ce que je vois. Tu t’es déjà fait une amie.
- Ouais, Sophie. Elle est assez sympa.
- On dit pas « ouais » !
- Ouais, je sais !
- On le dirait pas !
- Ecoute Angèle, je sais que pour toi c’est pas facile d’avoir dû quitter ta maison, ton collège, tes amis, mais c’est pas une raison pour jouer les rebelles. Ta mère et moi on vous a donné une certaine éducation, j’entends que tu t’en souviennes. Compris ?!
- Oui
- C’est bien compris ?!
- OUIIIII ! Mais qu’est ce que vous avez tous à me faire CHIER ?! J’EN AI MAAAARRRE !!
- ANGELE CA SUFFIT ! FILE DANS TA CHAMBRE ET QUE JE TE REVOIE PLUS !
- Qu’est ce qu’elle a ?
- Rien ! Elle pique sa crise, ça lui passera.
- Soies pas trop sévère avec elle, Gérard, elle est un peu perturbée ces temps-ci.
- Et moi, qu’est ce que je devrais dire ? Me recycler à 40 ans, tu crois que c’est rien ? Un déménagement, c’est pas un drame. Va bien falloir qu’elle s’y fasse.
Et toi ma chérie, tu t’y fais ?
- Boarf, moi tu sais, je veux bien tout. Mais j’aurais quand même préféré une maison.
- Ca viendra, attends seulement que je retrouve un bon travail.
- Elle est où Angèle ? Elle vient pas manger ?
- Nan, elle est punie ! Ca lui apprendra que tout ne lui est pas dû.
- Claude tu seras gentil, quand t’auras terminé tu débarrasseras la table.
- Oui m’man.
- Bon, moi je suis fatiguée, je vais me coucher.
- Attends Edith, je te rejoins. Y a rien de bien à la télé de toutes façons.
- Gérard faut que je te dise : T’exagères de priver Angèle de manger,
y a d’autres façons de la punir.
- Tu crois ?
- Ben oui, quand même ! Tu crois qu’elle sera en forme demain pour aller au collège ?
- Mais telle que je la connais je serais pas surprise qu’elle dévalise le frigo cette nuit.
Alors quand on sera couchés, si tu l’entends se lever...
S’il se figure qu’il va me priver de bouffer ! Suffisait d’attendre qu’il s’endorme ce con.
C’est pas encore ce soir que la petite Lola va se laisser crever de faim.
Plus tard…
- DRRRIIINNNNGGGG !!!!
Même pas 7 heures, y en a qui doutent de rien !
Si c’est encore pour de la pub…
- Aaallo ?!
- […]
- Il commencerait à quelle heure ?
- Si-si, ça va l’intéresser. Vous pouvez compter sur lui, il y sera.
Merci d’avoir rappelé.
- Bonjour m’man. C’est qui l’enfoiré qu’appelle à 7 heures du mat ?
- Bonjour ma chérie. L’enfoiré -comme tu dis, c’était le laboratoire pharmaceutique SIMANPHORM ou ton père avait postulé. Ils embauchent des cobayes pour tester leur nouveau vaccin. J’ai dit qu’il serait intéressé.
- Nan, tu plaisantes ? Il va quand même pas jouer les rats de laboratoire !
- Ecoute Angèle, on a pas vraiment les moyens de faire les difficiles. Tu te rends pas compte de la situation on dirait : Ton père est au chômage depuis bientôt six mois. La prime de licenciement n’est pas éternelle. Alors rat de laboratoire c’est peut-être pas le rêve, mais on le prend !
14-02-07
A/3 : Le travail c’est la santé
- Qu’est ce qu’est pas le rêve ?
- Ah Gérard, bonne nouvelle : SIMANPHORME a rappelé. Ils veulent quelqu’un pour tester un nouveau vaccin. J’ai répondu que t’étais partant. Tu commences à 9 heures.
J’ai bien fait ?
- Sûr, que t’as bien fait. Enfin du boulot ! Depuis le temps que je l’attendais celui-là.
- Parce que… tu vas accepter ?!
- Bien sûr que je vais accepter. Pourquoi ? T’as mieux à proposer ?
- Nan-mais… merde, t’es un chercheur quand même !
Cobaye c’est pas un boulot. Faut vraiment être nul pour faire ça.
- Qu’est ce que t’as dit ? J’ai pas bien entendu.
- J’ai dit : c’est pas un boulot…
- Non, avant ! T’as dit : “merde”. Angèle, je t’ai déjà expliqué X fois que je voulais pas de ce langage de charretier à la maison. Tes gros mots tu les gardes pour toi, on veut pas les entendre. Compris ?!
- Oui
- Bonjour tout le monde ! …
Qu’est ce qui se passe ? Vous avez des vraies têtes d’enterrement.
- Il se passe qu’après six mois de recherches j’ai enfin décroché un travail.
Mais pas assez bien pour ta sœur.
- Pourquoi ? Tu vas faire quoi ?
- Cobaye dans un laboratoire.
- Ah-oui, je vois le genre.
- Ah-ben t’es enthousiaste, ça fait plaisir.
- Y a pas où sauter au plafond non plus.
Lola :
- C’est ce que je disais.
- Et toi Edith, qu’est ce que t’en penses ?
- C’est vrai que tu vaux mieux que ça Gérard, mais c’est jamais qu’un début. Le principal c’est de mettre un pied dans l’entreprise, après… à toi de faire tes preuves. Moi je te fais confiance.
- Chuuut ! Ecoutez !
- … ???
- Vous n’avez pas entendu ? J’ai l’impression qu’on a frappé.
- T’as entendu quelque chose, toi Claude ?
- Nan, rien.
- T’entends des voix, ma pauvre Edith. Qui veux-tu qui frappe à cette heure là ?
- J’avais pourtant bien l’impression…
Ah, ça recommence, vous voyez bien ! Bougez pas, je vais voir…
- Bonjour madame... Vous désirez ??
- Bonjour madame. Je suis Mme Greluche, votre voisine du dessous. J’ai remarqué que vous étiez souvent chez vous. Alors, je me suis demandé… est ce que vous accepteriez de garder ma fille quand je travaille ?
- Heu… Vous me prenez au dépourvu.
Pourquoi ? Vous n’avez pas trouvé de nourrice ?
- Si plein, mais je leur fais pas confiance. Ma petite Marion c’est toute ma vie, alors j’aimerais être sûre de la confier à quelqu’un de bien. Vous me rendriez vraiment service. Je vous payerais bien, ça va de soi.
- Ha-ben, écoutez… faudrait que j’en parle à mon mari.
Vous partez travailler à quelle heure ?
- 14 heures. Je suis dans la restauration.
- 14 heures, ça pourrait se faire. Bon, je vois ça et je vous tiens au courant.
- C’était qui ?
- Une voisine. Elle me demandait si je voudrais garder sa petite fille.
- Et t’as répondu ?
- J’ai dit qu’il fallait que je t’en parle. (silence)
Ca mettrait un peu de beurre dans les nouilles, qu’est ce que t’en penses ?
- Mmmm. Ca va pas te donner trop de travail ?
- Naaan, c’est pas si prenant un enfant
- C’est toi qui vois.
- Alors… tu serais d’accord ?!
- J’ai rien contre.
- Chouette ! Je vais lui dire que j’accepte. J’adore les petits, tu sais bien.
16-02-07
A/4 : Incroyable mais vrai
- Qui tu crois que c’est, toi Claude ?
- J’en sais rien et je m’en fous.
Rha ça me stresse ce nouveau collège, j’aurais préféré le privé.
- Ah-oui, mais le privé c’était avant. Maintenant c’est le public, pas de bol !
- Ben alors les enfants, pas encore prêts ? Qu’est ce que vous attendez ?!
Allez-allez, on se dépêche !
- RhOoo p’pa on a encore le temps. C’est les Black Ties Peas sur Music TV.
- Je veux pas le savoir ! C’est pas le moment de vous mettre en retard pour l’école.
- Allez viens, Claude, on s’arrache sinan tu le connais, on va se faire tuer.
- Rha ça me stresse !
Ca le stresse, ça le stresse ! Qu’est ce que je devrais dire moi ?
T’façon, il va fayoter à donf et il va nous ressortir ses 20/20 par paquets.
Ah-ben quand même, pas trop tôt, j’ai failli attendre !
Y met une plombe à se ramener à cet ascenseur.
Mais… il est complètement taré, ce chat !
Nan-mais, ça va pas mieux la tête ?
Qu’est ce tu fiches ici, toi d’abord ? Allez, DEHORS !!
- Sympa Claude, t’aurais pu m’attendre !
- Oh, mais qu’il est mignon ce chat !
Bonjour le chat, t’es trop mignon toi.
- Il est pas mignon, il est CON !
Casse-toi sale chat !
Et allez donc, car pourri, collège pourri : journée pourrie.
C’est quand qu’ils vont se décider à me payer le permis ?
Pendant ce temps là…
- Mon mari est d’accord pour la petite, madame Greluche.
Vous pouvez me l’amener quand vous voulez.
- Ah, merci, merci, merci ! Vous verrez c’est une enfant a-do-rable. Elle est très-très intelligente.
- Très bien. Elle est propre alors ?
- Heu… nan, pas encore.
- Elle marche, elle sait parler ?
- Elle dit maman
- Et biberon, nounours, chaise haute ?
- Heu… nan.
- Elle sait faire quoi, alors ? A cinq jours, mon petit Claude savait déjà faire tout ça. En plus, il jouait des airs de musique sur son petit xylophone. C’était un sur-doué, mon petit Claude.
- Ben en fait… elle sait rien faire.
- RIEN ?!! Mais comment est-ce possible ça rien ? Vous dites qu’elle est intelligente, vous vous en occupez donc pas ?
- Ben-heu… je comptais un peu sur les nourrices. Mais elles lui ont rien appris du tout.
C’est pour ça que…
- Je vois ! (ton réprobateur). Vous avez de la chance que j’aime tellement les enfants.
- Tu te rends compte, Gérard, elle sait rien faire, Marion.
- Qui ?
- Marion, la petite que je vais garder : Elle connaît rien de rien à rien.
- C’est pas croyable ! Quel âge elle a ?
- Elle a que six jours, mais quand même ! Tu te rappelles, Claude, à son âge ?
Même Angèle…
- Ah-oui, Angèle ! On s’en est fait des soucis à cause d’elle, tu te souviens ? Il a fallu que le pédiatre nous affirme qu’elle était tout à fait normale. -Qu’est ce que je dis « le » ? LES pédiatres !
- Hé-oui ! C’est du passé tout ça ! Ca nous rajeunit pas. (soupir).
- Bon Edith, tu m’excuseras mais faut que j’y aille, là. Faudrait pas que je me mette en retard.
- Au revoir mon chéri. Travaille bien ! Ramène-nous une belle promotion.
- Je vais essayer, je promets rien. Le premier jour ça serait étonnant.
Un petit bisou ?
Ah, que je regarde si j’ai de quoi la nourrir cette petite…
Ca va, il me reste du lait, je dois avoir de la maïzena dans le placard… je devrais pouvoir lui faire de la bouillie. J'espère qu'elle a au moins appris à manger à la cuillère. (soupir)
17-02-07
A/5 : Question de point de vue
- Ca ira madame Aleze ? S’il vous manque quelque chose, n’hésitez pas à me demander. Je vous ai apporté deux/trois jouets, sa chaise, son parc… si elle est trop fatiguée, elle dormira dedans. Elle a l’habitude.
- A ce soir ma pu-puce.
Tu vas voir, tu vas te plaire ici, madame Aleze est très gentille.
- Pas lavée à 2 heures de l’après midi, pauvre gamine ! Y a vraiment de ces parents indignes ! On se demande à quoi servent les assistantes sociales. Allez, viens par là toi la puce, tata va te faire la toilette.
- Qui c’est qui va manger la bonne bouillie avec sa cuillère ? C’est Marion !
- Mmmmam !
- MARION !! J’ai dit : AVEC LA CUILLERE !
- ??
- On lui a vraiment rien appris, pauvre gamine.
Hé-hé, pas mécontent de ma journée. Je crois que ça devrait aller.
Les profs sont super, c’est cool
Comment ça m’a gavée les cours ! Je te dis pas comment ils sont relous ici. Genre :
- Mademoiselle Aleze, vous viendrez me voir après les cours. Et comment se fait-il que vous ayez noté Lola sur votre fiche de présentation alors que sur le registre de l’établissement je vois marqué : Angèle. Vous pouvez m’expliquer mademoiselle Aleze ?
Je te dis pas comment je me suis fait caca dessus.
- AaaaaTTENTION ! CONNARD !!
Nan-mais ça vous écraserait comme une merde !
- Faut faire attention mademoiselle, vous allez vous faire écraser.
Han-naaan, le mec trop beau !
- Ca va aller ? Vous avez l’air toute retournée.
Je vous ai pas fait peur au moins ?
- Heu… nan-nan, nan-nan ça va.
- Bon ! … Vous êtes sûre que ça va ?
- Oui-oui ça va, vous en faites pas.
Woaaah, comment il est trop-trop beau !
Tu vas te ramener, oui ?!
Han-nnaaann. MAMAN !!!
Qu’est ce que ça fout dans ma chambre, ça ?!!!
- C’est Marion, une petite fille que maman a en garde. Elle est mignonne, tu trouves pas ?
Viens-là Marion, viens voir Claude.
- Pfff, on avait bien besoin de ça !
- Ma petite fille, tu parles sans savoir. Qu’est ce que tu sais de nos besoins ?
On voit bien que c’est pas toi qui tiens les cordons de la bourse.
- Hé-hé, ça vaut peut-être mieux !
- Fayot !
19-02-07
A/6 : Ne parlez pas de malheur
- Rha il commence à se faire tard. J’ai pas pensé à demander à Mme Greluche à quelle heure elle viendrait récupérer sa fille.
- Greluche ? T’as bien dit Greluche ?
- Oui pourquoi ?
- Rien, je suis morte de rire, c’est tout .
Ben dis-donc elle a intérêt à changer de nom Marion. Moi ça me le ferait pas.
- Ah-oui mais toi, t’es particulièrement regardante sur les noms, L0LA !
- Lola ???











































































































