12-06-08
L/4 : A qui perd gagne

- Si tu me demandes mon avis, Gérard… moi je trouve qu’il faut
vraiment un cœur de pierre pour pousser son petit-fils à trahir sa mère.

Mais réjouissez-vous belle-maman, vous avez gagné : j’accepte.
C’était pas la peine de mêler Claude à tout ça. Ma décision était déjà prise.
Quelle mère ne ferait pas passer le bonheur de son fils avant le sien ?
A part… vous !

- Mais laissez-moi quand même vous dire, que je trouve vos combines discutables.
- T’appelles ça des combines discutables, toi ? Dégueulasses, tu veux dire !

- Angèle ! Qu’est ce que tu fais ?
- Je sors de table. J’ai plus faim !
- TU RESTES A TABLE !! Tu sortiras quand on te le dira.

- Permettez ? J’ai peut-être aussi mon mot à dire.
Pas question que tu te sacrifies pour moi, maman.
J’en mourrai pas de pas faire d’études.

- Chgroumpf ! M’enfin Claude ! Tu penches pas che que tu dis ?
L’U-NI-VER-CHI-TE, mon grand. Réfléchis !
- M’appelle pas mon grand. T’es pas ma mère ! Et comme je dis : j’en mourrai pas.

- Bien sûr , t’en mourrais pas, mon grand. Mais tu serais très malheureux.
Moi non plus, j’en mourrai pas de vivre là-bas.
Tâche de nous ramener un beau diplôme. Qu’au moins ça serve à quelque chose.

- Hé-ben voilà, tout s’arrange !
C’était bien la peine de faire tant de chichis.

- A votre place, belle-maman, j’essayerais de me faire oublier.
Rien ne dit que vous ne regretterez pas… votre geste désintéressé.

- Heu… qu’est ce que tu veux dire, Edith ?
- Rien de plus que ce que j’ai dit : Rien ne dit qu’elle ne le regrettera pas…
ni toi non plus, d’ailleurs.

- Alors c’est vrai ? On y va pour de bon ?
Mais puisque Claude, ça lui est égal…

- Ne dis donc pas de sottises, Lola. Tu sais très bien qu’il en rêve depuis toujours.
Aller vivre chez mémé, c’est pas la joie. Mais tu feras comme moi : Tu t’en remettras !

- Gérard, j’espère que t’as pas oublié notre petit… arrangement ?
- Ah, parce que… ça tient quand même ?
- Bien sûr que ça tient quand même ! Y a même intérêt que ça tienne !

- T’es fier de toi ? C’est ta faute, si on va là-bas.

- Hé ! Tu pourrais répondre quand je te parle !
Heureusement que tu disais qu’on devait aider maman.

- J’y suis pour rien ! Absolument pour rien.
Tu l’as bien entendue ? Sa décision était déjà prise.
- Ouais-ouais, ça t’arrange de le penser. T’as pas beaucoup insisté.
Du moment que MONSIEUR va à l’université, nous autres on peut bien crever !

- Vava, dessin, Vava
- Agad’, cubes, Vava !

- Nan, agad’ dessin !
- Naaaan, M’ma cubes !
- Maaaamaaaaannn !!!!

- Chuuuttt ! Un peu moins de bruit les enfants. On s’entend plus lire !

- Pasque t’as b’soin d’entendre pour lire, toi ?
T’as pas les yeux en face des trous et les oreilles dans les trous de nez ?
- C’est pas ça, mais… ça va être l’heure du Renard.
- Dessin, M’ma ?

- Ah-mais va falloir t’y faire ! C’est fini de regarder le Renard.
Tu te rappelais pas que les bébés c’était chiants ? Ca va changer tes habitudes.
- Y a qu’à les mettre au lit. Elles devraient être couchées, à c’t’heure.

- Tu vois bien qu’elles z’ont pas sommeil !
- Et alors ? Les petits, c’est comme les bêtes, suffit de les dresser.
Si je me laissais mener par Zorro et Chocolat, ch’tarderais pas à tourner bourrique.
- Tu veux dire… c’est pas déjà fait ?
- Mam, cubes !
- Tiens, regarde-moi ça ! Elles mangent leurs cubes maintenant.
Mais qu’est ce qu’elle attend pour leur donner leur biberon et les coller au lit, ta mère ?
Où elle est passée, d’abord ?
- Est ce que j’sais, moi ? Dans la chambre, avec papa. Où tu veux qu’elle soit ?

- Rha, mais qu’est ce qu’elle attend ? Qu’est ce qu’elle attend ?
Le film va commencer…. Va falloir aller la chercher.
- Fiche-leur la paix ! T’as qu’à le faire toi-même le biberon.
T’es pas palmée que j’sache ?
16-06-08
L/5 : Chose promise...

- Edith, tu peux bien t'arrêter cinq minutes. Viens donc te détendre ma chérie
- Mais Gérard… tu sais bien que j’ai les petites à m’occuper.
- Bah, si tu le fais pas, d’autres s’en chargeront.
- D’autres ? Tu crois que Lola… ??
- Nan, je te parle pas d’Angèle. Maman est là, non ?

- Alors là, si tu crois que je peux compter sur ta mère, tu te trompes, Gérard.
Ses petites filles, c’est le cadet de ses soucis.
A part de se plaindre qu’elles font trop de bruit….
- Qu’est ce que t’en sais ? As-tu seulement essayé de les lui laisser ?
- Ben j’avoue que… oooh et puis, on verra bien ! Fallait que je te parle de toute façon.

- Et de quoi tu voulais me parler, mmm ?
Pour une fois qu’on est seuls, on a peut-être mieux à faire, non ?
- Faire quoi, Gérard ?
- Ben… ça fait combien de temps déjà que j’ai pas eu droit à mon crac-crac ?

- Ton CRAC-CRAC !! Mais tu penses donc qu’à ça !
Tu crois que j’ai pas autre chose en tête, moi, avec ce déménagement !
Si c’est que ça, vaut mieux que j’aille m’occuper des filles.
- Mais-nan, reste ! Ce que j’en disais… Tu voulais me parler de quoi, au juste ?

- Ben déjà, comme t’avais pas l’air très sûr de toi au dîner,
je voulais m’assurer que t’avais pas changé d’avis.
- A quel sujet ?
- Au sujet de ta promesse, Gérard ! On est en train de parler de quoi, à ton avis ?
La promesse que tu m’as faite. Tu m’as bien dit que si on allait chez ta mère,
on n’y resterait que deux mois. Tu te souviens bien ?!
- On n’y restera pas tout le temps, ça tu peux en être sûre. Mais deux mois,
trois mois… même six mois… c’est pas si long six mois.
- J’en étais sûre ! Je pars plus !
- M’enfin Edith !

- Je pars plus, je te dis ! Trois mois, c’est mon dernier mot.
Et débrouillez-vous avec les filles, j’en ai marre d’être la poire de service !

- D’accord-d’accord, trois mois. Je… j’ai droit à mon crac-crac maintenant ?
- Si tu y ti… trois mois, on est bien d’accord ?
- Tout ce que tu voudras, mon amour.

- GERARD !!! On a oublié les filles !
- Meuh, laisse les filles, là où elles sont. Si on les entend pas, c’est que ça va.

- Sont pas de le frigo, les biberons !
- Nan, ils sont dans le chauffe-biberons
- Le chauffe ??? C’est ce gros machin sur le plan de travail ?

- Attends, regarde bien : Qu’est ce que tu vois à l’intérieur du gros machin ?
- Des… ça ressemble à des biberons
- BINGO !! T’as trouvé le chauffe-biberons ! Hallucinant, nan ?

- Ah-bon, c’est lànedans qu’on prépare les biberons asteur ?
Mais c’est qu’chais pas m’servir de ça, moi ! Comment qu’on fait ?
- T’appuies sur le bouton rouge !
- Le bouton… le bouton ???... J’AI TROUVE !!
- Bon-ben t’as plus qu’à leur donner !
* Je vais t’la dresser moi, la mémé ! *

- Allez les filles, au lit ! C’est l’heure de faire un gros dodo.
- Mais-heu, Claude !

- Tu peux pas les coucher maintenant, Mémé leur prépare leur biberon.
Pour une fois qu’elle fait quelque chose.
- Tiens, je vais me gêner ! Elles sont pas affamées ces petites, et puis elles ont besoin de dormir.

- Qu’est ce qui te fait dire ça, monsieur je sais tout ? J’ai bien remarqué :
maman leur donne toujours un biberon avant de les mettre au lit.
- Si elles avaient faim, elles le diraient. Elles savent parler maintenant.
- T’es chiant ! Faut toujours que tu décides de tout !

- Ben tu dois être contente. Demain, tu pourras faire ce que tu voudras.
Je serai plus là pour décider, hé-hé !
D’alleurs, en parlant de ça…

- Mémé, laisse tomber les biberons ! Claude a décidé de les coucher.
- Rha, quand vous saurez ce que vous voulez ! Bon, puisque c’est ça, je vais me coucher.

- Fais les biberons, fais pas les biberons… chucht’quand j’afais troufé le bouton !
Cha me donne des chordres ! Cha me fait rater mon Renard -Ch’aime pas quand ch’est
commenché, ch’comprends pu. Fifement qu’on choit à la maichon que cha chanche !

- Tu-tu-tu-tu-tu-tut !

- T’appelles qui ?
- Ca te regarde pas !
Va donc te coucher toi aussi. T’as école demain, je te rappelle.

- C’est pas juste ! Y a que lui qui s’en tire bien.
Il va partir à l’université…

- Et nous on va tous se retrouver chez mémé.
BOU-HOU-HOOOUUUU ! C’EST PAS JUSTE !! BOU-HOU-HOOOUUUU !

- Pourquoi tu voulais me voir, Claude ? Si jamais ton père l’apprend…
- T’inquiète, il dort comme un bébé. Lorna, j’ai une grande nouvelle.
Je voulais pas te l’annoncer au téléphone : Je pars à l’université !
22-06-08
L/6 : A nous la liberté !

- Je suis bien contente pour toi, Claude. C’est ce que tu voulais, je crois ?
Mais tu coup, on se verra plus du tout-du tout.

- Lorna, tu comprends pas ? Au contraire, je vais être libre !
On va pouvoir se voir autant qu’on voudra, aussi souvent qu’on voudra.

- Heu… ça n’a pas l’air de te faire plaisir. Tu m’avais déjà oublié ?

- Non, je t’ai pas oublié, Claude !
Mais tout ce temps où je n’ai fait que de t’apercevoir sur le parking.
Tout ce temps sans aucune nouvelle… je pensais que TOI, tu m’avais oubliée.

- Comment t’as pu croire ça ?
Je pensais à toi à chaque minute, chaque seconde. Je cherchais un moyen
pour me libérer de la tutelle de mon père. Et aujourd’hui, enfin ça y est.
Une fois à l’université, je serai émancipé. Je serai libre !
Mon père ne pourra plus rien y faire.

- Mais si tu veux plus de moi…
Dans ce cas, ça sert plus à rien.

- T’as bien réfléchi ? Tu sais ce que ça veut dire, Claude ?
Ton père n’acceptera jamais. Tu vas te mettre toute ta famille à dos.
- M’en fiche des autres ! C’est toi que je veux.

- Dans ce cas… moi j’ai pas changé. Et tu sais Claude, je peux te promettre :
t’as peut-être pas été le premier, mais tu seras mon dernier amour.

- Lorna ! Lorna, ma chérie. Je suis le plus heureux des hommes !

- Et moi, je te promets que je vais bosser dur pour que vous manquiez de rien,
toi et Marion. En plus, ça fera plaisir à maman.
- C’est bien de penser à ta mère. S’il y en a une qui peut nous comprendre,
c’est bien Edith. Elle arrivera peut-être à arrondir les angles.

* Demain, demain… DEMAIN !!! *

- MÔMAAAANNN !! MÔMAAAANNN !!
- POUPAAAA !!! POUPAAAA !!!

- Rha, j’ai connu des réveils plus agréables !
Qu’est ce qu’elles ont besoin de hurler comme ça ?
- Elles ont faim, Gérard. Ca connaît que son ventre à cet âge là.

- Enfin, tout de même... fait à peine jour. Je serais bien resté encore un peu au lit.
- Ben puisque t’es debout, tu peux peut-être t’en occuper ? Je vais faire ma toilette.
Pas envie de passer ma journée en robe de chambre encore une fois.

- Salut ! T’es réveillée ?
- Nan, je dors debout, tu vois pas ?
Si tu crois qu’on peut dormir avec le boucan qu’elles font !

- T’es déjà habillé, toi ? T’es tombé du lit ?
- Nan, je me suis pas couché.
Je veux profiter au maximum de ma dernière journée ici.

- Profiter de QUOI, pauv’mec ? C’est mémé qui va te manquer ?
Si tu veux, je te laisse ma place et je me taille à l’université à la tienne.

- Hé-hé, faudrait qu’ils t’acceptent. Prennent pas n’importe qui, à l’université.
Faudrait déjà que t’aies quelques compétences.

- Hein-hein, je te ferai dire que j’ai des points de logique, mossieur !
Et je me débrouille pas mal en créativité, non plus.
- Ca suffit pas ! T’as quoi comme bourses ? La bourses des Erudits, c’est nada !

- Tu peux faire ton crâneur. Si t’avais pas l’argent de mémé...
- Ouais, mais je l’ai, ma vieille ! Et ce soir, ciao la compagnie, je m’en vais !
- Tu fais comme les rats : tu quittes le navire. C’est dégueulasse !

* Aaaah, que ça fait du bien de se détendre un peu.
Ca fait une éternité que j’avais pas pris un bain à bulles *
- EDIIIITH !!!!
