02-11-07
F/6 : Ca va bouillir !

Bonjour mon Claude. Je croyais que t’avais pas réussi à t’échapper ce matin.
Il fait déjà jour. Je commençais à désespérer.
- Je me suis pas vraiment échappé. J’avais la permission.

- Claude, t’es pas fou ?! T’as mis tes parents au courant pour… nous deux ?
Ils l’ont pas trop mal pris ?
- M’en parle pas ! On peut s’asseoir ? Je vais tout te raconter.

- … Alors, mon père a été horrible. Il veut qu’on rompe.
Paraît que mes études, c’est plus important que nous.

- Oooooh nooonnn ! Tu lui as expliqué ? Tu lui as dit qu’on s’aimait vraiment ?
- Il a rien voulu entendre ! Il s’en fout pas mal, de nous briser le cœur.

- T’as pas essayé de négocier ? On pourrait se voir moins souvent… juste le week-end.
- Négocier ?! Comment tu veux négocier avec lui ? Il a été horrible, je te dis !
Si tu savais tout ce qu’il m’a dit…

- Tu fais quoi, alors ? Tu vas me quitter ?

- Il m’a pas laissé le choix ! Mais, si tu peux attendre…
dans quelques mois je serai majeur, je pourrai l’envoyer chier.

- Faut que j’y aille maintenant. Il m’a accordé que cinq minutes.
- Claude, attends ! J’ai quelque chose à te donner.

- Mais-nan Lorna !
… C’était quoi ?

- Si Claude, prends-le ! C’est pas grand-chose, tu sais : une photo.
Juste pour te faire penser à moi. Pour que tu m’oublies pas.
- Je risquais pas de t’oublier Lorna. Mais si c’est une photo, je veux bien.
Je l’accrocherai au dessus de mon lit.

- Mmm ! Que c’est agréable de se réveiller avec cette bonne odeur
qui vous chatouille les narines. T’as fait des crêpes, ma chérie ?

- T’as deviné ! Tu veux que je t’en serve ? Elles sont encore toutes chaudes.
- Et comment ! J’adore les crêpes ! Tu sais bien que je m’en ferais péter le ventre.
T’en fais pas assez souvent, je trouve.

- Tu penses à ta brioche, Gérard ? Ca fait grossir, les crêpes.
- Bah, au point où j’en suis… Comment va ma petite femme, ce matin ?

- Ca va, j’ai pas eu de nausées.
- Et ta toux ?
- Nan, j’ai pas toussé.
-Tant mieux-tant mieux !

- T’as pas vu Claude ?
- Si !

- Il est malheureux, tu sais Gérard. On pourrait peut-être…

- QUOI ?! On pourrait QUOI ?!
Le laisser filer le parfait amour avec une femme qui a le double de son âge -pour le moins ?
Une femme à la cuisse plus légère qu’une aile de papillon ?
Tu veux en faire un futur cocu, de ton fils ?!
Enfin Edith, réfléchis un peu ! T’as pas d’autres ambitions pour lui ?

- Je mentirais si je disais le contraire mais…. il est amoureux, Gérard.
Il finira peut-être par s’en rendre compte de lui-même.
Et puis, peut-être qu’elle l’aime vraiment. Elle a le droit à l’erreur.

- Le droit à l’erreur ! Mais je rêve !
C’est pas UNE erreur qu’elle a faite ! Elle s’est offert toute la panoplie !
Sa fille, d’abord -On sait même pas qui est le père, le play-boy d’en face, Claude maintenant !
Et je parle que de celles qu’on connaît. A combien d’erreurs elle a droit, à ton avis ?
Moi je dis que c’est suffisant. Je la laisserai pas entraîner notre fils dans la boue !
Il y est depuis combien de temps, d’ailleurs ?!

- Où ? Dans la boue ?
- Meuh-non, pas dans la boue ! Chez la Greluche! Fais-donc pas ta dinde, Edith !

- Une petite demi-heure, peut-être…
- UNE DEMI-HEURE !! ! Je lui avais donné cinq minutes !
S’il est pas revenu avant que j’aie fini, ma crêpe, ça va chauffer pour son matricule !

- DIDIOU !! S’il croit qu’il va continuer à nous prendre pour des cons !
Tu peux numéroter tes abattis, mon gars !
06-11-07
F/7 : Chauffe, Marcel !

- J’avais dit : pas plus de cinq minutes !
Ca fait presque une heure qu’il y est, le petit salopard !

- CLAUDE !!
Claude, montre-toi ! Où tu te caches ?

- J’en étais sûr !
Tout le monde debout ! La fête est finie !

- M… monsieur, Alèze ?… Gérard ?
- Dieux du ciel, je veux pas voir ça ! J’espérais qu’il m’écouterait, le petit con !

- Gérard, laissez-moi vous expliquer…
- Y a rien à expliquer, grognasse ! Et ne m’appelez pas Gérard !
CLAUDE ! Sors de ce lit immédiatement !

- Ne lui faites pas de mal, monsieur Alèze. Tout est de ma faute, il voulait pas…
- JE VAIS ME PRIVER !! C’est MON fils ! Je fais ce que je veux !
- Puisque je vous dis que tout est de ma f…
- Bien sûr que c’est de ta faute, roulure !

- Tiens ! Ca t’apprendra à courir après les petits jeunes !
Tu sais que je pourrais te faire un procès ?!
Détournement de mineur, ça te dit quelque chose ?

- Papa, tu ferais mieux de t’excuser. Je savais ce que je faisais.
- M’excuser ?! M’EXCUSER !!! Manquerait plus que ça !
Tu es MINEUR ! Tu sais ce que ça veut dire MINEUR ?!
Ca veut dire : IRRESPONSABLE ! Et c’est bien ce que tu es !
Retourne à la maison, imbécile !

- VOUS !!
Vous-vous approchez encore de mon fils une seule fois, et j’appelle les flics !

- Mineur, hein ?!
Plus pour longtemps !

- Rholala, qu’est qu’ils crient fort !
Pourquoi vous disputez maman ? J’aime pas quand vous disputez.
Pourquoi il est en colère tonton Gérard ?

- C’est rien ma puce, c’est pas grave.
Il est juste un peu fâché alors il dit n’importe quoi.

- Ah-ben j’aime mieux ! Il va pas appeler les flics, alors ?
- Meuh-nan, il va pas appeler les flics ! Il disait ça, juste pour faire son méchant.

- Ben moi, il m’a fait peur, à moi. Il est méchant, tonton Gérard.
Maman… ça veut dire quoi « mineur » ?

* Qu’est ce qu’elle a entendu encore ? *
- « Mineur » ça veut dire, qu’on est trop jeune pour se marier.

- Tu peux pas te marier avec Claude, alors ? Dommage !
Je l’aime bien Claude moi, il est gentil. Il est plus gentil que tonton.
Et toi ? Tu l’aimes bien Claude, maman ?

- Mais-oui, je l’aime bien ! T’as pas bientôt fini avec tes questions ?
Dépêche-toi donc de descendre, tu vas rater le bus pour l’école !

- Meuh-nan je vas pas le rater ! Il fait juste d’arriver, alors…
Maman, je peux descendre les ordures ? Coucou, Royco !
- Côôô ! Roâcô !

- Descends les ordures si tu veux. Mais ne rate pas le bus surtout !
Et puis ramène-moi des bonnes notes, si tu veux me faire plaisir.
J’ai grand besoin qu’on me fasse plaisir.

* Encore un peu, m’aurait mis en retard pour le travail, ce p’tit con !
J’ai à peine eu le temps de dire au-revoir à Edith. *
11-11-07
F/8 : Pauvre c… Claude !

Cher journal,
Ca barde ici, je te dis que ça ! Papa est furax -pour pas changer- mais cette fois, pas après moi. J’avais raison : Il fricotait avec la Greluche, le frangin. Papa lui a interdit de la revoir. C’est bizarre, ça me fait même pas plaisir. Même si on s’entend pas très bien, j’ai de la peine pour lui. Il a l’air d’y tenir à sa Lorna. Surtout que moi, JE SUIS IN LOVE !!! (Petits cœurs roses plein la feuille).
Il s’appelle Régis, il est trop beau, il a de ces yeux ! Tu te rappelles de Gary ? C’est un peu pareil, mais lui au moins, il est mon âge. Il m’a promis qu’il me téléphonerait. Je suis trop-trop pressée de le revoir…

- Angèle, dépêche-toi de t’habiller, tu vas te mettre en retard pour le collège !

- Qu’est ce que tu peux bien écrire tout le temps dans ton journal ?
T’as tant de choses que ça, à raconter ?
- Ouais, mais c’est top-secret !
Et Claude ? Il sèche les cours, aujourd’hui ?

- Claude fait ses devoirs…
- Il les A PAS FAITS ?!!!
- Nan, mais dis-lui d’y aller aussi, il les finira ce soir.

- Claude, tu te grouilles ? C’est plus le moment de faire tes devoirs.

- Pour ce que c’est utile ! Mes devoirs je m’en tape, t’façon !

- Rhalala, je sens que ça va mal finir, tout ça !

…
- keuf ! keuf ! Aaaarghf ! Keuf ! Keuf !

- Noooon, c’est pas vrai, v’là que ça me reprend !
Je vais faire que ça, de me reposer.

Quelques heures plus tard…
* Saletés de cafards ! Toute la ville en est pourrie !
Qu’est ce qu’ils attendent à la mairie pour nous envoyer la désinfection ? *

- Tu fais quoi, m’sieur ?
- Tu le vois bien, je balaye les cafards.
Reste pas là petite, ça peut être dangereux les cafards.
- Pourquoi ? Hein, m’sieur ? Pourquoi ça serait dangereux les cafards ?

- Parce que ça rend malade ! Des fois même, ça peut faire mourir.
- MOURIR !!!! Ca va me faire mourir, moi ?
- Meuh-nan, ça va pas te faire mourir ! C’est dangereux surtout quand on attend un bébé.
T’attends pas de bébé ? Alors, tu risques pas grand-chose. Mais reste pas là quand même !

- Mais ma tata Edith, elle attend un bébé, elle ! Je veux pas qu’elle meure tata Edith ! Je serais trop triste qu’elle serait plus là.
* Edith ? Edith attend un bébé ? Merde, ça craint ! *
- Meuh-nan, heureusement que toutes les femmes enceintes ne meurent pas ! T’en fais donc pas : Elle est solide tata Edith !
* La prochaine fois, je tâcherai de fermer ma gueule *

* Combien ?? *

- Taiiiin pas possible, les enfoirés que c’est !
J’ai passé une heure là-dessus, même pas foutus de mettre la moyenne !

* J’ai pas intérêt à m’en vanter, sinon je peux dire adieu à mon rendez-vous.
Voudront jamais me laisser sortir. *

* Ils me gonflent avec leurs cours !
Je sais même pas de quoi il a été question aujourd’hui. J’ai rien écouté. *

* Combien ?? *

- Taiiiin, 16/20 ! Sont nuls ou quoi ?!
J’avais marqué que des conneries ! Ca méritait même pas la moyenne !

- Claude ! Claude !
- Irène ? Qu’est ce que tu fous là ?
- Je te guettais, Claude ! Tu te rappelles ce que tu m’as dit l’autre fois ?

- Ce que je t’ai dit ?? Qu’est ce que j’ai bien pu te dire ?
- Tu te rappelles pas ? « Nécessaire de réfléchir blabla… être surs de pas se tromper blabla… mieux de plus se voir pendant quelques temps blablabla… » Tu m’as bien prise pour une conne. Ben, j’ai l’immense regret de t’annoncer que t’es COCU !

- HA-HA HA !
JE M’EN FOUS !!!

- J’étais sure que tu me sortirais quelque chose du genre !
Tu vas pas me dire que ça te fait rien ?! Tu veux que je te dise avec qui ?
- Surtout pas ! Viens pas me faire marrer avec ça.
Garde tes secrets Irène ! J’ai d’autres soucis, figure-toi.

* Pauvre type ! T’avais qu’un mot à dire… *
- Hé, Irène ! Qui que ce soit… dis-lui bien que je suis pas jaloux !
- Pauvre CON !
F/9 : Le vent de la révolte

- M’man ! M’man ! Y a quelqu’un qu’a appelé pour moi ?

- Co…Comment ? A…appelé ?

- Tu t’étais endormie sur la table ?!
- Nan !… Oui… Enfin, je sais pas. Tu…tu disais quoi, déjà ?
Ah-oui ! Oui-oui, tas reçu un coup de fil. Je lui ai dit que tu rappellerais.

- YOUHOUOUOU !! Trop génial ! Il t’a dit où je pouvais le rappeler ?

- « La » rappeler ! T’as déjà oublié le numéro de ton amie Sophie ?
- Aaah, c’est que Sophie !
- Oui, Sophie ! Elle s’inquiète, elle a plus de nouvelles.
Les amitiés, c’est comme les cheveux, Angèle : ça s’entretient !
- Bon ça va, OK, je la rappelle.

- Allo Sophie ? T’avais quelque chose à me dire ?
- […]
- Les extra-terrestres… pfff, n’importe quoi ! Ben-nan chuis toujours là, tu vois !

- […]
- Ah-bon ?! Là, tu me la coupes ! Enfin… s’il aime les cruches, c’est son problème.
- […]
Beuh, d’où t’as vu que j’étais amoureuse de lui ?
Je m’en fiche complètement, de Rudy ! Tu peux lui dire !

- Bon, là faut que je te quitte Sophie, j’attends un coup de fil, hyper-super-méga important.
- […]
- Ouais-ouais c’est ça, on se verra en ville un de ces quatre.
Allez, je raccroche, bisous ma poule !

* C’est mon Edith qui va être contente : J’ai eu de l’avancement :
Prof de Sciences au Lycée de Claude.
Je vais pouvoir le surveiller, ça pouvait pas mieux tomber *

- Edith ma chérie, je suis rentré !
Heu… Edith ??

- Voilà-voilà, (pouf-pouf) j’arrive !
- Oooh, mais t’es debout, y a du progrès ! Ca va mieux, alors ?
- Couci-couça ! J’ai encore toussé ce matin et je suis toujours fatiguée.
En plus j’ai ce mal de dos…
- Si t’es debout, c’est que ça va mieux. Tu veux que je te masse un peu le dos ?
- Aaah, c’est pas de refus. C’est au niveau des reins que ça se tient.

- HO, les parents ! Voyez pas que vous bouchez le passage ?!
Poussez-vous un peu, bordel !

